MADRID — L’inflation en Espagne s’est maintenue à 4,9 % sur un an en octobre, au même niveau qu’en septembre, selon l’estimation provisoire publiée vendredi par l’Institut national de la statistique (INE). Cette stabilisation interrompt, pour l’instant, quatre mois consécutifs d’accélération, mais laisse l’indice des prix à la consommation (IPC) à son plus haut niveau depuis février 2023.
L’inflation sous-jacente, calculée hors énergie et produits alimentaires non transformés, reste également stable à 3,1 %. Sur un mois, les prix ont progressé de 0,6 %. Ces données demeurent provisoires et devront être confirmées par la publication définitive du 13 novembre.
Le gaz et les combustibles liquides entretiennent la hausse
Selon l’INE, les prix du gaz augmentent davantage qu’en octobre 2025, tandis que ceux des combustibles liquides progressent alors qu’ils avaient reculé un an plus tôt. Les voyages à forfait contribuent également à la résistance de l’inflation : leurs prix diminuent moins que durant le même mois de l’année précédente.
À l’inverse, les carburants et lubrifiants destinés aux véhicules particuliers modèrent le taux annuel, leurs prix baissant plus fortement qu’en octobre 2025. L’alimentation et les boissons non alcoolisées, ainsi que l’habillement, jouent également un rôle modérateur, avec des hausses moins importantes que celles observées un an auparavant.
Des prix toujours élevés malgré les allègements fiscaux
La stabilisation intervient après une progression de l’inflation de 3,6 % en juillet à 4,3 % en août, puis à 4,9 % en septembre. Le ralentissement de la dynamique ne signifie pas une baisse générale des prix : l’indice reste supérieur de 4,9 % à son niveau d’octobre 2025.
Les mesures fiscales destinées à atténuer le coût des carburants étaient toujours en vigueur en octobre. Selon l’agence EFE, l’allègement sur le gazole atteignait vingt centimes par litre, contre cinq centimes pour l’essence. Ces dispositifs coexistent avec des pressions à la hausse sur d’autres produits énergétiques et certains services.
L’inflation sous-jacente reste à 3,1 %
Le maintien de l’inflation sous-jacente à 3,1 % indique que les tensions sur les prix ne concernent pas uniquement les produits énergétiques les plus volatils. Cet indicateur permet de suivre les prix des biens et services hors énergie et produits alimentaires non transformés, sans préjuger de l’évolution de chaque catégorie.
Pour les ménages et les entreprises, le niveau des prix continue de peser sur le pouvoir d’achat et les coûts d’exploitation. Les effets varient selon l’exposition des activités aux dépenses d’énergie, de transport et de services.
L’indice harmonisé recule d’un dixième de point
L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), utilisé pour les comparaisons européennes, s’établit lui aussi à 4,9 % sur un an, soit un dixième de point de moins qu’en septembre. Sa progression mensuelle est estimée à 0,5 % et son inflation sous-jacente à 3,1 %.
Les chiffres définitifs du 13 novembre permettront de préciser la contribution des différents postes de consommation à l’évolution des prix.

