MADRID, 3 novembre 2026 — Les autorités espagnoles ont achevé l’identification des 69 personnes mortes dans la collision entre un AVE et un train Iryo, survenue le 28 octobre à Urda, dans la province de Tolède. Ce mardi, 37 blessés restaient hospitalisés à Madrid et en Castille-La Manche, dont neuf en soins intensifs, tandis que le ministre des Transports, Óscar Puente, multiplie les explications publiques et parlementaires.
Le Centre intégré de données a indiqué que 54 victimes étaient de nationalité espagnole et 15 de nationalité étrangère, dont un ressortissant français. Tous les wagons accidentés ont été retirés des voies pour permettre la poursuite des expertises. La Garde civile poursuit les recherches d’éventuels restes biologiques sur les lieux.
Óscar Puente défend le réseau, les syndicats réclament une révision des procédures
Après le Conseil des ministres, Óscar Puente a affirmé que le réseau ferroviaire espagnol n’était pas saturé et rejeté l’idée que l’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs soit, en elle-même, à l’origine de l’accident. Il a également critiqué les propos du président andalou, Juanma Moreno, concernant l’utilisation de la ligne Madrid-Andalousie.
Le ministre doit être entendu devant la Députation permanente du Congrès pour expliquer la gestion de la catastrophe et répondre aux questions des groupes parlementaires. L’enquête technique et judiciaire sur les causes de la collision demeure ouverte.
Le syndicat des conducteurs Semaf et l’opérateur Iryo ont demandé à l’Agence nationale de sécurité ferroviaire de revoir les procédures de circulation applicables lorsque les systèmes de protection de la grande vitesse cessent de fonctionner. La branche ferroviaire de la CGT a, de son côté, réclamé une inspection urgente pour déterminer si des risques opérationnels persistent.
Les investigations portent notamment sur le fonctionnement du système de signalisation LZB et sur les décisions de circulation prises avant la collision. L’existence d’incidents techniques ne permet pas, à elle seule, d’établir la cause définitive de l’accident ni d’attribuer des responsabilités individuelles.
Aides aux familles et conséquences de la fermeture de la ligne
Le gouvernement a engagé un décret d’aide aux victimes visant à doubler les montants de l’assurance obligatoire des voyageurs, à avancer les indemnisations et à améliorer la couverture des arrêts de travail des blessés. Des bureaux d’accompagnement personnalisé doivent également être mis en place. Le montant maximal annoncé pour une indemnisation automatique en cas de décès atteint 216 364,68 euros, sous réserve des modalités définitives d’application.
L’interruption de la grande vitesse Madrid-Andalousie affecte les déplacements et l’activité économique. Le gouvernement régional andalou a annoncé des contacts avec les compagnies aériennes pour examiner des solutions de remplacement. Une association de professionnels du tourisme de Séville estime à environ 20 % la baisse des réservations enregistrée par ses membres depuis l’accident. Il s’agit d’une estimation sectorielle, et non d’un bilan officiel pour l’ensemble du tourisme andalou.
L’enquête judiciaire se poursuit et les conclusions techniques ne sont pas encore définitives. L’assistance aux victimes, la sécurisation des infrastructures et la reconstitution précise des faits restent les priorités immédiates.

