BRUXELLES — L’Espagne a officiellement demandé à la Commission européenne des fonds d’assistance d’urgence pour répondre à la crise migratoire de Ceuta. Bruxelles a confirmé la réception de la demande et évaluera avec les autorités espagnoles les besoins de la ville, après l’entrée massive de plus de 80 000 personnes venues du Maroc à la fin du mois de juillet.
La démarche intervient alors que le Conseil de sécurité nationale examine mardi la situation de Ceuta et que le gouvernement prépare la déclaration de situation d’intérêt pour la sécurité nationale. Madrid demande un soutien européen pour renforcer la frontière extérieure de l’Union, développer les infrastructures de sécurité et maintenir les dispositifs d’accueil.
Une aide liée à la pression sur les services publics
La demande couvre notamment la prise en charge des mineurs non accompagnés, l’aide de première nécessité et les capacités d’accueil. Les services publics de Ceuta restent sous pression depuis le début de la crise, avec des structures temporaires d’hébergement et des équipes chargées d’identifier et d’accompagner les personnes arrivées dans la ville.
La Commission européenne a indiqué avoir échangé avec l’Espagne avant de recevoir sa demande officielle et doit désormais procéder à une évaluation rapide. L’exécutif européen s’est dit prêt à continuer de soutenir l’Espagne sur les plans financier, opérationnel et politique.
Montant et calendrier encore inconnus
L’aide pourrait passer par le Fonds « Asile, migration et intégration » et par les mécanismes européens d’assistance d’urgence. Ces instruments financent l’accueil, l’aide de première nécessité, la gestion des migrations et le renforcement des capacités lorsqu’un État membre fait face à une pression exceptionnelle.
L’Espagne devra préciser avec la Commission le nombre de personnes prises en charge, la durée des dispositifs et les investissements nécessaires. L’évaluation déterminera l’ampleur de la réponse européenne, mais aucun montant définitif ni calendrier de versement n’a encore été fixé.
La demande intervient parallèlement à l’annonce d’un commandement unique pour Ceuta, dirigé par Ángel Víctor Torres, et à l’extension du plan économique de l’État destiné à renforcer la sécurité, organiser les retours et soutenir l’activité de la ville.

