BARCELONA — Le porte-parole de campagne de Frente Amplio et ministre espagnol des Droits sociaux, Pablo Bustinduy, a accusé lundi 26 octobre la droite de chercher à exploiter les violences survenues samedi à Barcelone pour discréditer les mobilisations sociales, à un mois des élections législatives du 29 novembre. Interrogé par Radiocable, il a dénoncé une tentative selon lui « orchestrée » d’imposer les thèmes de l’insécurité et de la violence dans la campagne.
Cette lecture constitue une accusation politique de Bustinduy, et non la démonstration d’une action coordonnée. Les autorités catalanes poursuivent leurs investigations sur l’origine des rassemblements, l’organisation des troubles et les responsabilités individuelles.
Distinguer les manifestations des violences
Selon Bustinduy, la droite tenterait d’associer les incidents aux mouvements revendiquant un meilleur accès au logement ou la défense de droits sociaux. Il estime que cette présentation vise à fragiliser la légitimité des manifestations et à recentrer la campagne sur la sécurité.
À Barcelone, le ministre de la Culture Ernest Urtasun, candidat de Comuns-Front Ampli, a condamné sans réserve les dégradations et réclamé une enquête approfondie sur leurs auteurs et sur le rôle des réseaux sociaux dans la préparation des rassemblements. Il a précisé ne pas disposer d’éléments permettant d’affirmer que l’extrême droite avait infiltré les violences, une hypothèse qui relève selon lui du travail policier.
128 interpellations, dont 73 mineurs
La responsable de l’Intérieur du gouvernement catalan, Núria Parlon, a fait état de 128 interpellations liées aux troubles, parmi lesquelles 73 concernent des mineurs. Elle n’exclut pas de nouvelles arrestations et souhaite obtenir, par voie judiciaire, des informations sur les comptes et groupes de messagerie ayant contribué à organiser les incidents.
La ministre régionale distingue les pillages, incendies et dégradations constatés samedi des manifestations organisées autour de revendications sociales. Les enquêteurs doivent encore déterminer les modalités de coordination des participants et les éventuelles responsabilités supplémentaires.
Frente Amplio vise 10 % d’intentions de vote
Dans le même entretien, Pablo Bustinduy a déclaré que sa coalition souhaitait atteindre 10 % d’intentions de vote dans les sondages. Ce chiffre représente un objectif revendiqué par le responsable politique et non une mesure électorale indépendamment établie dans le cadre de ses propos.
Le ministre a également défendu les propositions économiques de Frente Amplio, notamment l’expropriation de logements détenus par des fonds d’investissement et la hausse du salaire minimum. Il a mis en avant Ada Colau, candidate à la présidence du gouvernement, et Emilio Delgado, tête de liste à Madrid. Ses critiques visent aussi le PSOE, auquel il reproche de ne pas engager de transformation plus profonde des politiques sociales.
Cette controverse intervient le jour de la clôture des candidatures pour les élections du 29 novembre. Le débat politique sur les violences et l’enquête menée par les autorités restent deux procédures distinctes.

