SALAMANQUE — Le chef du Parti populaire espagnol, Alberto Núñez Feijóo, a mis en cause dimanche le gouvernement de Pedro Sánchez après les violences survenues la veille dans le centre de Barcelone. Lors d’un rassemblement de précampagne à Salamanque, le responsable conservateur a accusé la gauche d’entretenir les tensions pour conserver le pouvoir, sans apporter d’éléments établissant un lien entre l’exécutif et les auteurs des incidents.
«Se están resistiendo a abandonar el poder con violencia» («Ils résistent à l’abandon du pouvoir par la violence»), a déclaré Feijóo devant les candidats du PP aux élections législatives du 29 novembre. Il a également affirmé que Sánchez «jouait avec le feu» et que ses adversaires, après avoir perdu la rue, chercheraient désormais à l’incendier.
Une condamnation des violences accompagnée d’accusations politiques
Le président du PP a condamné les pillages, les incendies et les affrontements avec les Mossos d’Esquadra qui ont marqué la soirée de samedi à Barcelone. Il a exprimé son soutien aux habitants, aux commerçants et aux forces de l’ordre, tout en accusant certains responsables de gauche de banaliser les tensions sociales. Il a également reproché au PSOE de ne pas condamner suffisamment fermement la violence.
Feijóo a mis en parallèle les appels du gouvernement espagnol à la paix sur la scène internationale et ce qu’il présente comme une dégradation de la sécurité intérieure. Il s’agit d’une accusation politique : aucune preuve d’une implication du gouvernement dans l’organisation des troubles n’a été présentée.
Les incidents ont éclaté à la suite d’un rassemblement de jeunes convoqué sur les réseaux sociaux place de Catalogne, avant de gagner plusieurs rues commerçantes. La police catalane enquête sur les organisateurs et les participants. Le bilan diffusé dimanche fait état d’au moins 128 interpellations.
La sécurité et le logement au cœur de la précampagne
Le dirigeant conservateur a également salué les manifestations de femmes originaires de Ceuta organisées à Madrid, opposant leur mobilisation aux violences de Barcelone. Il a annoncé son intention de se rendre mercredi dans la capitale catalane pour témoigner de son soutien aux personnes touchées et aux forces de sécurité.
Sur le logement, Feijóo a accusé le gouvernement d’avoir multiplié les annonces sans résoudre les difficultés d’accès à la propriété et à la location. Il a réaffirmé la proposition du PP de construire un million de logements en libérant du foncier et en simplifiant les procédures. Il a également évoqué une baisse des impôts et la protection des retraites.
Ces déclarations interviennent à un peu plus d’un mois des élections législatives du 29 novembre, dans un climat de confrontation politique autour de la sécurité, de la coexistence civique et de l’alternance au pouvoir.

