MADRID — Le Syndicat espagnol des conducteurs de train (Semaf) a dénoncé jeudi la diffusion d’enregistrements partiels des échanges entre Adif et les trains impliqués dans l’accident d’Urda, près de Tolède. Son secrétaire général, Diego Martín, juge irresponsable de désigner des responsables avant de disposer de toutes les informations et réclame une enquête rigoureuse et indépendante.
Cette prise de position intervient après la publication de conversations entre le centre de contrôle d’Atocha et les conducteurs de l’AVE de Renfe et du train Iryo entrés en collision. Le dernier bilan disponible fait état d’au moins 69 morts.
Des enregistrements diffusés avant la fin de l’enquête
Diego Martín estime que les conversations divulguées auraient dû rester sous protection et que leur diffusion partielle risque d’alimenter des conclusions prématurées.
Selon le syndicat, l’établissement des causes nécessite l’examen de l’ensemble des communications, des données techniques et des conditions de travail des agents. Il conteste toute attribution anticipée de responsabilité individuelle avant les conclusions des investigations.
Les défaillances du LZB au centre des inquiétudes
Semaf confirme qu’une panne du système de signalisation LZB a entraîné l’immobilisation de plusieurs trains sur la ligne Madrid-Séville. Lorsqu’un tel dispositif tombe en panne, la circulation doit être gérée selon des procédures dégradées, qui accroissent les contraintes pesant sur les personnels.
Le syndicat dénonce la multiplication de ces situations, censées rester exceptionnelles, ainsi que les retards pris dans le remplacement du LZB par le système européen ERTMS.
Une mobilisation syndicale déjà programmée
Les déclarations interviennent alors qu’une grève des conducteurs, décidée avant la catastrophe, se déroule ce jeudi. Les revendications portent notamment sur les procédures de sécurité, la gestion des incidents et les conditions de travail.
Semaf considère que les mesures annoncées après l’accident d’Adamuz n’ont pas été mises en œuvre assez rapidement. Le syndicat demande désormais que l’enquête sur Urda identifie les défaillances techniques et organisationnelles, au-delà de la seule recherche de responsabilités individuelles.

