MADRID — Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a évalué ce vendredi à environ 5 000 le nombre de personnes migrantes qui restent à Ceuta après la crise frontalière. Le chiffre a été présenté devant la commission de l’Intérieur du Congrès, lors d’une audition consacrée à la gestion des entrées, aux retours et au renforcement de la frontière.
Cette donnée gouvernementale ne correspond pas à toutes les estimations circulant dans la ville autonome. Certains décomptes locaux évaluent entre 8 000 et 11 000 le nombre de personnes encore présentes. L’écart ne permet pas, à lui seul, d’établir un bilan définitif : les comptages peuvent porter sur des moments différents, inclure des profils distincts et varier selon que sont prises en compte les personnes hébergées, celles en transit ou celles qui restent en dehors des dispositifs d’accueil.
Un décompte encore discuté
Devant les députés, Marlaska a défendu l’action des forces de sécurité et la nécessité d’une réponse coordonnée. Le ministère affirme que des retours ont été exécutés et que les procédures se poursuivent pour régler la situation des personnes arrivées à Ceuta lors de l’entrée massive. L’évolution quotidienne dépendra des identifications, des décisions administratives et de la coopération avec le Maroc.
Les autorités de Ceuta réclament parallèlement des moyens suffisants pour accueillir les mineurs et les personnes qui restent dans la ville. La pression ne se limite pas à la frontière : elle touche les centres d’accueil, les services sociaux, la santé, la sécurité et les finances d’une ville dont les capacités ordinaires ont été dépassées par l’arrivée simultanée de milliers de personnes.
Drones, bouées et nouveaux travaux
Le ministre a également annoncé un renforcement technologique du dispositif frontalier. Les mesures citées comprennent l’utilisation de drones, l’installation de bouées permanentes et le prolongement de certains brise-lames. Ces projets doivent améliorer la surveillance des accès maritimes et réduire les points vulnérables, mais leur calendrier, leur financement et leur portée technique doivent encore être précisés.
La frontière de Ceuta associe une clôture terrestre, une zone maritime complexe et une pression susceptible de changer en quelques heures. La technologie peut faciliter la détection et la coordination, mais elle ne remplace ni la présence des agents, ni les protocoles de sauvetage, ni les mécanismes de protection internationale. Elle ne règle pas davantage la situation des mineurs ou la nécessité d’une coopération avec les autorités marocaines.
La réponse entre dans une phase politique
L’audition de Marlaska intervient avant la réunion extraordinaire du comité de suivi présidé par Pedro Sánchez. Le gouvernement devra préciser quelles mesures sont déjà déployées, lesquelles restent à l’étude et quels résultats ont produit les retours exécutés. Il devra aussi répondre à l’écart entre le décompte officiel et les estimations locales.
La comparution du président du gouvernement devant le Congrès ajoutera une nouvelle dimension parlementaire à la crise. Le débat ne portera pas seulement sur le nombre de personnes présentes à Ceuta, mais aussi sur l’anticipation des événements, la coordination entre l’Intérieur, la Défense, le CNI et le commandement unique, ainsi que sur le coût supporté par la ville autonome.
Pour l’instant, le chiffre de 5 000 doit être présenté comme l’estimation défendue par le ministère de l’Intérieur. Le bilan réel dépendra encore d’une méthode commune, de la mise à jour des registres et de l’évolution des retours et des procédures en cours.

