MADRID — La Communauté de Madrid a décidé de mettre en vente l’appartement de Chamberí acquis en avril par l’entreprise publique Planifica Madrid, un jour seulement après la révélation de l’opération et le début d’une vive controverse politique. L’exécutif régional affirme que les recettes permettront de renforcer le financement de la reconstruction de la Sierra Oeste après les importants incendies.
La décision concerne également quatre autres biens appartenant à la région et situés sur la Gran Vía. Le conseiller à la Présidence, à la Justice et à l’Administration locale, Miguel Ángel García Martín, a évalué l’ensemble des cinq propriétés à environ 20 millions d’euros. Il n’a précisé ni le produit attendu du seul appartement, ni la procédure et le calendrier prévus pour sa cession.
Un revirement en moins de 24 heures
Planifica Madrid a acheté le bien du paseo del General Martínez Campos le 14 avril. Le logement s’étend sur 485 mètres carrés, dont 199 de terrasse, dans l’un des quartiers les plus chers de la capitale. L’investissement n’apparaissait pas explicitement dans le budget de l’entreprise publique et le gouvernement régional n’a pas encore rendu public l’ensemble du dossier.
Dans un premier temps, la région avait indiqué que les lieux accueilleraient temporairement le bureau d’Isabel Díaz Ayuso pendant les travaux de la Real Casa de Correos. Elle avait ensuite précisé que l’affectation n’était pas définitivement décidée. L’annonce de la vente est intervenue après la confirmation par la mairie de Madrid qu’aucune demande de modification de l’usage résidentiel n’avait été déposée.
L’opposition conteste la justification
Le gouvernement madrilène affirme qu’il continuera à rechercher dans son patrimoine un espace compatible avec l’activité institutionnelle pendant les travaux à la Puerta del Sol. Ayuso avait nié que l’appartement soit destiné à devenir une résidence officielle et dénoncé une campagne de dénigrement.
Más Madrid et le PSOE estiment que la vente résulte de la pression politique et réclament le prix d’achat, l’estimation du bien ainsi que la note ayant justifié l’opération. Más Madrid accuse aussi l’exécutif d’instrumentaliser les incendies pour refermer la polémique. L’affectation exacte des recettes devra désormais être traduite dans les dispositifs budgétaires finançant la remise en état des communes touchées.

