PARIS — La « prime carburant » explose dans les recherches en France après les nouvelles annonces du gouvernement face à la flambée des prix à la pompe. Google Trends recensait mardi soir plus de 20 000 recherches, en hausse de 700 %. Au centre de l’attention : l’aide de 100 euros destinée aux travailleurs modestes dits « grands rouleurs », dont le guichet est désormais maintenu jusqu’au 30 septembre.
Le dispositif devait initialement s’arrêter plus tôt. Le gouvernement a choisi de prolonger la période de demande alors que les tensions énergétiques liées au conflit au Moyen-Orient continuent de peser sur les carburants. L’exécutif maintient parallèlement plusieurs soutiens sectoriels destinés notamment aux professionnels particulièrement exposés.
100 euros, mais un forfait unique
La présentation gouvernementale met en avant une indemnité de 100 euros « équivalente à 20 centimes par litre pendant six mois ». Il ne s’agit pourtant ni d’une réduction de 20 centimes directement appliquée à la pompe, ni d’un versement mensuel. Le bénéficiaire reçoit une seule indemnité forfaitaire de 100 euros pour un véhicule éligible.
Le montant avait d’abord été fixé à 50 euros, présenté comme l’équivalent de 20 centimes par litre pendant trois mois, avant d’être doublé. Bercy estime à près de trois millions le nombre de travailleurs modestes potentiellement concernés. Ce chiffre correspond au public visé par le dispositif, et non au nombre de personnes ayant effectivement reçu l’aide.
Qui peut demander la prime ?
Le demandeur doit être domicilié fiscalement en France, avoir perçu des revenus professionnels et respecter un revenu fiscal de référence 2024 inférieur ou égal à 16 880 euros par part. Les contribuables soumis à l’impôt sur la fortune immobilière pour 2024 sont exclus.
Il faut également être un « grand rouleur » : parcourir plus de 15 kilomètres par trajet entre le domicile et le travail, soit plus de 30 kilomètres aller-retour, ou dépasser 8 000 kilomètres par an pour des déplacements professionnels. Le véhicule doit être personnel, assuré et thermique ou hybride non rechargeable.
La demande n’est pas automatique. Elle doit être déposée en ligne via l’administration fiscale. Le versement intervient ensuite sur le compte bancaire connu des impôts, sous réserve du respect des conditions.
Le gouvernement multiplie les aides ciblées
La prime des grands rouleurs n’est qu’une partie de la réponse gouvernementale. Les entreprises de pêche bénéficient d’aides calculées sur les volumes de carburant et leur dispositif est prolongé. Les structures associatives d’aide à domicile disposent d’indemnités kilométriques revalorisées de 0,38 à 0,40 euro par kilomètre, cumulables avec l’aide grands rouleurs pour les personnes éligibles.
Des mécanismes spécifiques concernent également le transport routier, les taxis et d’autres activités fortement dépendantes des carburants. Le choix de l’exécutif reste ainsi celui d’aides ciblées selon les revenus, les kilomètres parcourus ou l’activité professionnelle, plutôt qu’une réduction uniforme du prix payé par l’ensemble des automobilistes.
L’échéance explique désormais une partie de la poussée des recherches : « aide carburant 2026 », « prime grand rouleur » et « aide au carburant » figurent parmi les requêtes associées. Pour les particuliers concernés, la date essentielle reste le 30 septembre.

