Sánchez défend à Bruxelles la politique migratoire de l’Espagne

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El presidente del Gobierno, Pedro Sánchez, durante su comparecencia al finalizar el Consejo Europeo. | Pool Moncloa / Borja Puig de la Bellacasa. Bruselas (Bélgica) - 16.10.2026

BRUXELLES — Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a défendu vendredi la politique migratoire de l’Espagne à l’issue du Conseil européen, après les critiques exprimées par plusieurs dirigeants européens à propos de la régularisation exceptionnelle de migrants. Il a mis en avant les résultats espagnols en matière de contrôle de l’immigration irrégulière et le soutien européen à Ceuta et Melilla après la crise frontalière de l’été.

L’Espagne défend sa politique migratoire

Lors de sa conférence de presse, Pedro Sánchez a présenté l’Espagne comme un pays particulièrement engagé dans la lutte contre l’immigration irrégulière. Il a évoqué la baisse des arrivées par la route atlantique ainsi que les mesures de retour et de surveillance des frontières.

Le débat a fait apparaître des divergences entre partenaires européens. La Première ministre danoise Mette Frederiksen et la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni ont soulevé des objections à la régularisation espagnole, notamment en raison de ses éventuelles conséquences sur les autres pays de l’espace Schengen. Sánchez a reconnu des désaccords avec son homologue danoise tout en défendant une approche associant contrôle des frontières et reconnaissance des droits.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé à la coordination entre États lorsque des décisions migratoires nationales peuvent avoir des effets sur l’ensemble de l’espace de libre circulation. La régularisation relève des compétences nationales, mais ses répercussions peuvent alimenter les discussions européennes.

Ceuta et Melilla au cœur de la réponse européenne

Pedro Sánchez a insisté sur le soutien des institutions européennes à Ceuta et Melilla après la crise migratoire apparue à la fin du mois de juillet. Il a rappelé que les deux villes constituent une partie de la frontière extérieure de l’Union européenne et a présenté l’appui politique de ses partenaires comme une avancée de la réponse commune.

La crise a également des conséquences sur la libre circulation. L’Espagne et l’Italie maintiennent des contrôles temporaires liés à la situation de Ceuta, tandis que leurs gouvernements travaillent à une éventuelle levée coordonnée. À Bruxelles, Sánchez et Meloni ont convenu de favoriser les échanges entre leurs ministères de l’Intérieur. La suppression définitive des contrôles n’est pas encore intervenue.

Un budget européen jugé insuffisant

Le dirigeant espagnol a également réaffirmé ses réserves concernant la proposition de cadre financier pluriannuel de l’Union pour 2028-2034. Il estime que les moyens envisagés ne permettent pas de répondre simultanément aux enjeux de compétitivité, de sécurité et d’autonomie européenne sans fragiliser les politiques agricole et de cohésion.

Les négociations devront concilier les nouvelles priorités stratégiques européennes, les intérêts des États membres et le financement des territoires. Pour l’Espagne, la répartition des fonds agricoles et régionaux constitue un élément majeur des discussions.

Les élections espagnoles également évoquées

La conférence de presse a aussi donné lieu à des questions sur les élections générales espagnoles du 29 novembre, à quelques heures de la clôture du délai d’enregistrement des coalitions. Pedro Sánchez s’est dit « optimiste » et a évité de prendre position sur les négociations entre les formations situées à la gauche du PSOE.

Il a affirmé respecter les décisions de ces partis et exprimé sa confiance dans la possibilité de poursuivre son action à la tête du gouvernement après le scrutin. Cette déclaration relève de son appréciation politique et ne préjuge pas du résultat électoral.

Cette intervention à Bruxelles a ainsi illustré les deux dossiers auxquels le chef du gouvernement espagnol est confronté : la défense de ses positions dans les négociations européennes sur la migration et le budget, et l’approche des élections générales.

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