BRUXELLES — Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se réunissent jeudi 15 et vendredi 16 octobre à Bruxelles, avec la hausse des prix de l’énergie et la compétitivité au premier rang de leurs préoccupations. Pedro Sánchez participe à ce Conseil européen, également consacré au budget de l’UE pour 2028-2034, aux migrations après la crise de Ceuta, aux échanges avec la Chine et à la guerre en Ukraine.
La crise au Moyen-Orient accentue les tensions sur les carburants et les coûts de production en Europe. Les dirigeants doivent orienter la Commission vers des mesures ciblées et temporaires pour protéger ménages et entreprises. Des pistes concernant le marché du gaz et certaines règles environnementales sont discutées, mais les États restent divisés. Aucun compromis définitif ne peut être présenté comme acquis à l’ouverture du sommet.
Le coût de l’énergie au cœur des discussions
La flambée énergétique menace la compétitivité des secteurs industriels européens, notamment la chimie, l’automobile, la métallurgie et les transports. Les conséquences concernent directement les bassins de production de Catalogne et d’Occitanie. Certains gouvernements souhaitent des mesures rapides de soutien ; d’autres refusent d’affaiblir les instruments européens de réduction des émissions.
Les échanges commerciaux avec la Chine seront également abordés. Face à l’augmentation des importations manufacturières et au déficit commercial européen, Paris et Berlin plaident pour des moyens de défense commerciale renforcés. Les filières automobiles et leurs équipementiers, présents des deux côtés des Pyrénées, sont particulièrement concernés.
Le budget 2028-2034 contesté par Madrid
Pedro Sánchez a jugé la proposition actuelle de budget pluriannuel « clairement insuffisante » pour l’Espagne. Madrid souhaite préserver les moyens des politiques européennes, alors que d’autres États membres demandent de contenir les dépenses. Les discussions engagées à Bruxelles ne devraient pas suffire à clore cette négociation de long terme.
La crise de Ceuta relance la question migratoire
Les migrations figurent à l’ordre du jour après la crise de Ceuta survenue fin juillet. L’Espagne veut faire reconnaître la situation particulière de Ceuta et Melilla, frontières terrestres de l’Union avec l’Afrique, et obtenir un soutien opérationnel et financier. Les Vingt-Sept doivent aussi examiner les réponses possibles aux situations exceptionnelles aux frontières extérieures, sujet sur lequel les approches nationales divergent.
En Espagne, la controverse sur l’incursion de navires militaires marocains près de Ceuta reste ouverte. Sánchez défend le dialogue avec Rabat, tandis que le Parti populaire réclame des explications devant le Parlement. Cet incident bilatéral ne figure toutefois pas comme point distinct de l’ordre du jour officiel du sommet.
Ukraine et Moyen-Orient
Les dirigeants aborderont également l’aide financière et militaire à l’Ukraine, les attaques hybrides liées à la Russie et la sécurité des routes maritimes au Moyen-Orient, essentielle pour l’approvisionnement énergétique et le commerce. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est attendu vendredi.
Une conférence de presse est annoncée jeudi vers 19 h 30, après plusieurs séances de travail. Les décisions et éventuels compromis devront être confirmés au fil des discussions.

