MADRID — Les premiers sondages électoraux publiés ce lundi 2 novembre, après l’accident ferroviaire d’Urda, dans la province de Tolède, situent le PSOE autour de 100 sièges et attribuent une majorité absolue à l’ensemble formé par le Parti populaire (PP) et Vox lors des élections législatives prévues le 29 novembre. Les études indiquent un recul des socialistes par rapport aux mesures précédentes, mais leurs résultats et leurs périodes d’enquête diffèrent.
Le sondage Sigma Dos publié par El Mundo crédite le PSOE de 24,6 % des intentions de vote et d’une estimation de 99 députés. Selon les données diffusées par le quotidien, le parti de Pedro Sánchez perd 1,5 point en une semaine. Le PP recueillerait 31,1 % des voix, tandis que Vox obtiendrait entre 63 et 69 sièges.
L’étude NC Report réalisée pour La Razón place les socialistes à 25,6 % et entre 100 et 102 députés. Le PP atteindrait 32,6 % et Vox 19,3 %. Ensemble, ces deux formations obtiendraient entre 204 et 208 sièges, au-delà du seuil de 176 nécessaire pour disposer de la majorité absolue au Congrès des députés.
Des projections différentes pour le scrutin du 29 novembre
Le sondage SocioMétrica pour El Español attribue 106 sièges au PSOE, contre 137 au PP et 64 à Vox, selon les chiffres repris par les médias ayant analysé cette étude. En Navarre, la candidature liée à l’UPN constitue un élément supplémentaire à prendre en compte dans les comparaisons entre blocs.
Ces projections ne sont pas directement interchangeables : chaque institut utilise son propre échantillon, sa méthodologie et son modèle de conversion des voix en sièges. De plus, les entretiens de l’enquête NC Report ont été réalisés du 26 au 29 octobre, soit en partie avant l’accident du 28 octobre. Cette étude ne peut donc pas être présentée comme une mesure intégralement postérieure à la catastrophe.
L’accident d’Urda et les limites de l’interprétation
La catastrophe ferroviaire d’Urda, qui a fait au moins 69 morts selon les bilans diffusés ce lundi, a profondément marqué l’actualité politique et la campagne électorale. Plusieurs médias voient dans les nouvelles enquêtes l’interruption de la progression du PSOE observée dans les précédents sondages.
La proximité chronologique entre la tragédie et le recul des intentions de vote ne permet toutefois pas, à elle seule, d’attribuer l’ensemble de cette évolution à l’accident. Pour mesurer son effet propre, il faudrait disposer de données comparables recueillies avant et après les faits, ainsi que d’informations sur les motivations exprimées par les personnes interrogées.
Les chiffres publiés restent des estimations de vote et de sièges, et non des résultats électoraux. À 27 jours du scrutin, les rapports de force peuvent encore évoluer et chaque étude comporte une marge d’incertitude.

