BARCELONE — Les Mossos d’Esquadra ont sollicité le Centre espagnol de renseignement contre le terrorisme et le crime organisé (CITCO) pour obtenir la fermeture de canaux Telegram appelant à des violences et des pillages à Barcelone. La démarche intervient après les troubles du 24 octobre, alors que de nouveaux appels circulent sous le nom de Blocus pour le 31 octobre.
Selon Europa Press, la demande passe par l’Unité nationale de retrait des contenus illicites sur Internet (UNECI), rattachée au CITCO et chargée de coordonner les démarches auprès des plateformes numériques.
Des canaux Blocus bloqués sur Telegram
Les autorités ont demandé la fermeture de groupes diffusant des appels à reproduire les violences dans la capitale catalane. Parmi les canaux supprimés figure BLOCUS-BCN2, qui comptait plus de 2 000 membres. Les Mossos surveillent les nouvelles convocations afin d’identifier leurs auteurs et de prévenir d’autres infractions.
Paris : des violences et des appels relayés sur les réseaux sociaux
Les incidents de Barcelone présentent des similitudes avec des épisodes de violences urbaines survenus à Paris pendant les mobilisations d’octobre. Dans la capitale française, des affrontements, des dégradations de commerces et des appels relayés sur les réseaux sociaux ont également été signalés. Les autorités ont renforcé les mesures de prévention face au risque de nouveaux débordements.
Le terme Blocus fait référence à des mobilisations étudiantes françaises et a été repris à Barcelone par des comptes anonymes et des groupes de messagerie. Toutefois, la ressemblance entre les appels et les méthodes ne démontre pas que les événements parisiens et barcelonais aient été coordonnés par les mêmes personnes ou financés par un réseau commun.
Le recours au CITCO ne signifie pas une enquête pour terrorisme
Le CITCO coordonne notamment la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, mais son intervention pour obtenir la suppression de canaux ne signifie pas que les violences de Barcelone soient qualifiées de terroristes. La démarche vise des messages soupçonnés d’encourager des vols et des dégradations.
À Milan, une procédure judiciaire distincte
En Italie, le parquet de Milan enquête sur des promoteurs du « Movimento 17 ottobre » pour des faits présumés liés à des violences lors de manifestations et à une éventuelle finalité terroriste. Selon les informations publiées sur cette procédure, les enquêteurs examinent de possibles contacts avec des personnes liées au financement du Hamas.
Il s’agit de pistes d’enquête et non de faits judiciairement établis. Aucun financement des violences milanaises par le Hamas n’est démontré et aucun lien vérifié ne relie les personnes visées en Italie aux groupes actifs à Barcelone ou à Paris.
Ces trois situations illustrent le rôle des appels diffusés en ligne dans des épisodes de violences, mais relèvent de contextes et de procédures judiciaires différents. À ce stade, aucune coordination transnationale n’est établie.
