BARCELONE — Le centre de Barcelone s’est réveillé samedi 31 octobre avec des dizaines de vitrines recouvertes de panneaux de bois, de plaques métalliques et d’autres protections. Les commerçants redoutent de nouveaux troubles après des appels diffusés sur les réseaux sociaux à reproduire les violences et les pillages du week-end précédent. Grandes enseignes, magasins de sport et maisons de luxe renforcent leurs façades, tandis que les Mossos d’Esquadra déploient un dispositif policier exceptionnel.
Les protections sont visibles sur le passeig de Gràcia, autour de la place de Catalogne, au Portal de l’Àngel et dans les rues voisines, ainsi que devant certains magasins de l’avenue Diagonal. Ces mesures sont préventives : elles ne signifient pas que de nouveaux pillages ont déjà eu lieu samedi.
Vitrines condamnées et fermetures anticipées envisagées
Des ouvriers ont posé des panneaux devant les vitrines de grandes chaînes de mode, d’enseignes sportives et de boutiques de luxe. Des magasins Zara, H&M, Adidas, Nike et Loewe figurent parmi les établissements ayant adopté des mesures de protection, selon les constats publiés par la presse locale et les agences.
Certains commerçants envisagent d’avancer leur fermeture ou de modifier leurs horaires. Le président de l’association Barcelona Oberta, Gabriel Jané, a réaffirmé la volonté des professionnels de travailler normalement, tout en indiquant qu’une fermeture pourrait être décidée au moindre signe de violence. Cette incertitude intervient pendant le week-end de la Toussaint, une période importante pour l’activité commerciale.
Plus de 300 policiers et une alerte de niveau 4
Les Mossos d’Esquadra ont activé à Barcelone le niveau 4 de risque, le plus élevé de leur échelle pour ce type de rassemblement, et prévu la mobilisation de plus de 300 agents. Le dispositif comprend des contrôles préventifs dans les transports en commun et autour des zones de rassemblement, en coordination avec la police municipale, les pompiers et les secours médicaux.
Plusieurs appels à se réunir dans différents quartiers de Barcelone ont circulé pour samedi après-midi et dans la soirée. Les services de police soulignent que les lieux et horaires peuvent changer et prévoient d’adapter leur présence à la situation. D’autres communes catalanes sont également concernées par des mesures de sécurité, avec des niveaux de risque moins élevés.
Des appels à des pillages repérés sur Telegram
Le média de vérification Maldita.es a examiné des messages diffusés dans un groupe Telegram intitulé « Blocus-BCN 31 OCT », fermé depuis par la plateforme. Certains participants y appelaient explicitement à dégrader des vitrines et à piller des commerces pendant Halloween. Ces messages attestent l’existence d’incitations à la violence, mais ne permettent ni de les attribuer à l’ensemble des participants ni de conclure qu’un plan sera effectivement mis à exécution.
Les violences du 24 octobre constituent le précédent immédiat. Selon le bilan actualisé relayé par les médias publics et les agences, 133 personnes ont été interpellées, plus de 600 contrôlées et environ trente commerces touchés. Ces chiffres ont évolué au fil des investigations policières.
Salvador Illa met en garde contre de nouvelles violences
Le président de la Generalitat, Salvador Illa, a assuré samedi que les Mossos étaient prêts à intervenir en cas de nouveaux débordements. Il a averti que les auteurs de pillages devraient répondre de leurs actes devant la justice et appelé à ne pas désigner des personnes comme coupables en raison de leur origine.
Plusieurs arrestations ont également été réalisées cette semaine dans différentes villes espagnoles dans le cadre d’enquêtes sur des appels présumés à des violences. Les forces de l’ordre continuent de surveiller les rassemblements annoncés et les réseaux de diffusion, tandis que les commerces tentent de préserver leur activité. Le déroulement de la soirée permettra de savoir si les menaces se traduisent par des incidents ou si le calme est maintenu.

