MADRID — Isabel Díaz Ayuso a répondu jeudi aux manifestations organisées après l’expulsion de Maricarmen Abascal, dont l’une s’est déplacée jusqu’à l’immeuble de Chamberí où se trouve l’ático lié à la présidente de la Communauté de Madrid. Ayuso a demandé pourquoi les manifestants ne s’étaient pas rendus devant le ministère du Logement et a de nouveau affirmé que le bien immobilier visé « n’était pas » le sien.
Cette réaction intervient au lendemain de l’expulsion de Maricarmen, 87 ans, du logement du Retiro où elle vivait depuis 1956 et alors que les rassemblements de soutien se sont étendus jeudi à plusieurs villes espagnoles.
À Madrid, une partie de la mobilisation s’est rendue devant l’immeuble de Chamberí associé à Ayuso. Les participants ont notamment scandé « Maricarmen somos todos », faisant passer l’affaire d’un conflit locatif particulier à un débat politique national sur le logement.
Ayuso refuse d’être la cible de la mobilisation
Interrogée sur ces rassemblements, la présidente madrilène a directement contesté le lieu choisi par les manifestants. « Pourquoi ne sont-ils pas allés au ministère du Logement ? », a-t-elle demandé, selon Europa Press.
Ayuso a également répété que l’ático devant lequel la manifestation s’est tenue ne lui appartenait pas. La dirigeante régionale critique ainsi l’association de cette mobilisation à sa personne et renvoie la responsabilité politique de la situation du logement vers le gouvernement central.
La mobilisation intervient alors que l’exécutif de Pedro Sánchez cherche des soutiens pour de nouvelles mesures contre les expulsions. Le chef du gouvernement a demandé « hauteur de vue et responsabilité » aux groupes du Congrès pour valider le décret sur le logement préparé par l’exécutif.
L’affaire Maricarmen entre dans la confrontation politique
Sumar demande que le nouveau décret anti-expulsions soit adopté lors du prochain Conseil des ministres et a même proposé l’expropriation du logement de Maricarmen afin qu’elle puisse y retourner. Cette demande ne signifie pas qu’une décision administrative d’expropriation ait été prise à ce stade.
Maricarmen a été expulsée mercredi après trois précédentes tentatives suspendues. La Police nationale a déployé un dispositif pour exécuter l’expulsion et l’octogénaire a quitté l’immeuble sur une civière, assistée par le Samur, tandis que plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées à l’extérieur.
La réponse d’Ayuso ouvre désormais un nouveau front politique dans une affaire qui, en moins de 48 heures, est passée du Retiro aux rues de plusieurs villes puis à une confrontation entre administrations sur la responsabilité des politiques de logement.

