Logement en Espagne : le gouvernement présente son décret sans accord final avec ses partenaires

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MADRID — Le gouvernement espagnol présente ce mardi son nouveau décret sur le logement au Conseil des ministres sans avoir encore obtenu un accord définitif avec l’ensemble de ses partenaires parlementaires. Les discussions se poursuivent jusqu’au dernier moment, avec des divergences sur la prolongation des baux, la protection contre les expulsions et l’encadrement de formules telles que les locations temporaires ou à la chambre.

L’exécutif aborde cette réunion sous la pression croissante des collectifs de locataires. Le campement installé à la Puerta del Sol réclame des contrats plus stables, leur renouvellement automatique et des mesures structurelles empêchant l’expulsion de personnes vulnérables sans solution de relogement.

Sumar maintient la pression sur le contenu du texte

Sumar a indiqué ces dernières heures que l’accord avec le PSOE restait encore éloigné et réclame un dispositif plus ambitieux. Parmi les principaux sujets figurent la continuité des baux et le renforcement de la protection des ménages vulnérables, mais aussi l’encadrement de formes de location susceptibles d’échapper aux règles appliquées aux baux résidentiels classiques.

Le gouvernement devra également construire une majorité au Congrès. Junts conserve un rôle important dans l’équation parlementaire et défend des mesures visant les grands propriétaires et les fonds, tout en demandant des garanties et des incitations pour les petits bailleurs. Podemos a également relevé ses exigences et refuse un compromis qu’il jugerait insuffisant pour intervenir sur le marché locatif.

La pression de la Puerta del Sol atteint le Conseil des ministres

La mobilisation née après l’expulsion de Maricarmen Abascal, 87 ans, a transformé la Puerta del Sol en autre foyer de pression sur la négociation. Les collectifs mobilisés refusent que les avantages fiscaux accordés aux propriétaires constituent le cœur de la réponse et demandent un ensemble plus large de protections pour les locataires.

La discussion intervient parallèlement au débat sur l’usage des logements dans les territoires où la pression immobilière est la plus forte. Pedro Sánchez a demandé lundi à Barcelone aux communautés autonomes d’appliquer la loi sur le logement et défendu la priorité de l’usage résidentiel face à l’usage touristique.

Le Congrès constituera l’étape suivante

Une adoption par le Conseil des ministres ne mettrait pas fin au parcours politique du décret. S’agissant d’un décret-loi royal, le gouvernement peut l’adopter ce mardi sans disposer au préalable d’une majorité garantie, mais il devra ensuite obtenir sa validation par le Congrès dans un délai maximal de 30 jours.

Le contenu définitif du texte permettra désormais de mesurer si l’exécutif est parvenu à rapprocher les positions de ses partenaires et jusqu’où iront les nouvelles garanties accordées aux locataires. La négociation politique se prolongera donc au-delà du Conseil des ministres.

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