VIH : deux médicaments à action prolongée maintiennent une charge virale indétectable chez 46 patients

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MADRID — L’association de deux médicaments antirétroviraux à action prolongée, le lénacapavir et le cabotégravir, a permis de maintenir l’infection par le VIH sous contrôle chez 46 patients, dont beaucoup présentaient une résistance à des traitements habituels. Ces résultats proviennent d’une étude de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF), publiée dans JAMA Network Open et financée par les Instituts nationaux de la santé américains.

Cette stratégie pourrait offrir une option supplémentaire aux personnes qui éprouvent des difficultés à prendre des comprimés chaque jour ou dont le virus résiste à certains antirétroviraux. L’association étudiée n’est toutefois pas encore approuvée comme traitement du VIH et devra faire l’objet d’essais cliniques complémentaires.

Remplacer un médicament auquel le virus peut résister

Les traitements à action prolongée permettent d’espacer les administrations de plusieurs semaines ou mois. Une association déjà autorisée réunit le cabotégravir et la rilpivirine, mais elle ne convient pas à tous les patients : certaines souches du VIH présentent une résistance à la rilpivirine ou à des médicaments apparentés. Ce produit est également peu accessible dans certains pays à revenu faible ou intermédiaire.

Les chercheurs ont donc étudié le remplacement de la rilpivirine par le lénacapavir, qui agit contre le VIH par un mécanisme différent. Les participants étaient suivis dans la clinique spécialisée Ward 86 de l’UCSF.

Une charge virale indétectable après le traitement

Parmi les 46 personnes suivies, près des trois quarts présentaient une résistance susceptible de limiter le recours à l’association déjà approuvée. Plus de la moitié avaient une charge virale détectable au début de l’étude.

Tous les participants dont le virus était détectable ont obtenu un contrôle virologique en 13 semaines. Ceux dont l’infection était déjà contrôlée ont conservé ce résultat. Après un suivi moyen de près de deux ans, les 46 personnes présentaient toujours une charge virale indétectable.

Cette situation signifie que le traitement maîtrise la multiplication du virus, et non que le VIH a été éliminé de l’organisme. La prise en charge et le suivi médical restent nécessaires.

Des essais supplémentaires indispensables

Monica Gandhi, professeure de médecine à l’UCSF et principale auteure de l’étude, souligne que certains médecins associent déjà ces deux médicaments dans des situations particulières, alors que les données disponibles restaient limitées. L’équipe présente cette cohorte comme la plus importante publiée à ce jour sur cette association.

L’étude comporte néanmoins des limites : l’effectif est réduit et aucune comparaison directe avec d’autres traitements n’a été réalisée dans le cadre d’un essai contrôlé. Il serait donc prématuré de conclure que cette stratégie est supérieure aux associations autorisées ou qu’elle convient à l’ensemble des personnes vivant avec le VIH.

Deux essais cliniques sont prévus afin d’évaluer plus précisément cette approche. Si leurs résultats confirment les premières observations, elle pourrait élargir les possibilités de traitement pour les patients présentant des résistances ou des difficultés à suivre une prise quotidienne. Toute décision thérapeutique relève, à ce stade, de l’équipe médicale spécialisée.

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