MADRID — Le Parti populaire va demander mardi à la Commission électorale centrale espagnole (JEC) de se prononcer sur les garanties entourant le registre électoral pour les élections générales du 29 novembre. La démarche intervient après que plusieurs responsables du parti ont jugé compréhensibles les interrogations exprimées sur le vote postal et au lendemain des accusations lancées par José María Aznar contre Pedro Sánchez.
Elías Bendodo, vice-secrétaire du PP chargé notamment de l’analyse électorale, a annoncé que son parti demanderait formellement à la JEC des informations et des garanties sur le registre. Lundi, Aznar avait affirmé que Sánchez serait capable « d’altérer le corps électoral » pour obtenir un avantage politique. L’ancien président du gouvernement n’a apporté aucun élément démontrant une manipulation et le PP n’a pas non plus présenté mardi d’indice établissant une modification irrégulière du registre.
Bendodo relie les interrogations de certains électeurs aux décisions prises par le gouvernement et estime que les institutions électorales doivent fournir « toutes les garanties ». Le fonctionnement du scrutin entre ainsi dans la précampagne du 29 novembre, sans qu’une irrégularité ait été constatée.
Le registre électoral relève d’un organisme indépendant du gouvernement
La constitution et la mise à jour du registre électoral relèvent de l’Oficina del Censo Electoral, intégrée à l’Institut national de la statistique et placée sous la direction et la supervision de la Commission électorale centrale. La loi électorale espagnole prévoit également des procédures de consultation et de réclamation des inscriptions pendant le calendrier électoral.
Le vote par correspondance obéit lui aussi à une procédure encadrée. L’électeur doit effectuer sa demande dans les délais légaux, l’Office du recensement vérifie son inscription puis lui adresse la documentation électorale par courrier recommandé. Une fois la demande acceptée, il ne peut plus voter physiquement dans son bureau de vote. Correos assure ensuite la conservation et l’acheminement des enveloppes jusqu’aux bureaux concernés.
La convocation anticipée publiée mardi au BOE déclenche désormais les différents délais du scrutin du 29 novembre. Le registre utilisé pour les élections et les éventuelles réclamations sont soumis à ce calendrier et au contrôle de l’administration électorale.
Le PP porte la controverse devant la JEC
La démarche du PP déplace donc une partie de la polémique du terrain politique vers l’institution chargée de garantir la transparence et l’objectivité du processus électoral. La JEC peut répondre aux consultations et adopter des instructions dans son champ de compétences, mais sa saisine ne constitue pas en elle-même la preuve d’une altération du registre.
La question s’inscrit dans une campagne dont le ton s’est fortement élevé dès lundi. Aznar a présenté le 29 novembre comme un scrutin décisif pour la continuité du système constitutionnel, tandis que Sánchez justifie l’anticipation électorale par la recherche d’une majorité progressiste plus large. À 54 jours du vote, les garanties électorales deviennent à leur tour un terrain de confrontation entre les principaux partis.

