MADRID — L’acquisition d’un appartement de luxe à Chamberí par une entreprise publique de la Communauté de Madrid a relancé la polémique sur l’usage de biens régionaux par Isabel Díaz Ayuso. Réalisée en avril et révélée cette semaine, l’opération a ramené dans le débat politique le précédent du chalet de Rascafría où la présidente avait séjourné deux jours avec des membres de sa famille en 2025.
Le nouveau bien est situé sur le paseo del General Martínez Campos. Il s’étend sur 485 mètres carrés et comprend une terrasse de près de 200 mètres carrés. Planifica Madrid, société dépendant du gouvernement régional, l’a acheté sans que cet investissement apparaisse explicitement dans son budget annuel. Le prix officiel n’a pas été publié, mais les estimations du marché le situent entre 4,5 et 6 millions d’euros.
Des explications modifiées en quelques heures
La première version de l’exécutif régional présentait l’appartement comme un bureau temporaire destiné à Ayuso pendant les travaux de la Real Casa de Correos. Le gouvernement a ensuite indiqué que son affectation n’était pas encore définitivement arrêtée et qu’il pourrait accueillir des réunions institutionnelles ou être utilisé par d’autres membres de l’exécutif. La présidente a nié qu’il s’agisse d’une résidence officielle ou d’un logement acheté pour son usage personnel.
La mairie de Madrid a toutefois confirmé n’avoir reçu aucune demande de licence ni de changement d’usage. L’immeuble est à vocation résidentielle et les règles d’urbanisme limitent l’installation de bureaux dans ce type d’appartement, ce qui a renforcé les interrogations sur la viabilité du projet.
Le précédent du chalet de Rascafría
Más Madrid et le PSOE ont rapproché cette opération du chalet acquis par la région à Rascafría pour 4,3 millions d’euros. Ayuso avait reconnu y avoir passé un week-end avec sa famille, tout en assurant que ce séjour privé n’avait occasionné aucune dépense supplémentaire à l’administration.
L’opposition réclame désormais la publication complète du dossier de Chamberí, notamment l’estimation, la note justifiant l’achat et le montant payé. Le gouvernement madrilène dénonce une campagne de dénigrement et affirme que l’usage envisagé aurait été strictement institutionnel. Aucun élément ne démontre à ce stade qu’Ayuso ou sa famille ait tiré un bénéfice patrimonial direct de l’acquisition.

