Macron vivement critiqué après une allocution jugée sans réponses concrètes à la crise

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PARIS — L’allocution télévisée d’Emmanuel Macron, dimanche soir, au lendemain des violences du 17 octobre, a suscité une série de critiques à droite, à gauche et dans les organisations syndicales. Le chef de l’État a condamné les incendies, les pillages et les attaques contre des bâtiments publics, mais n’a pas annoncé de mesure économique immédiate pour répondre aux revendications sur la vie chère et la dégradation des services publics.

Pendant une dizaine de minutes, le président a fait part de sa « colère » et de sa « honte » face aux images de destructions, tout en distinguant les manifestants pacifiques des auteurs de violences. Selon Reuters, il a demandé un examen des éventuelles défaillances du renseignement et de la préparation des forces de l’ordre, ouvert la voie à des interdictions locales de rassemblements et chargé le gouvernement de réunir étudiants, enseignants, syndicats et représentants économiques pour rechercher des réponses à la crise.

« Il a parlé pour ne rien dire », dénonce Manuel Bompard

Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a accusé Emmanuel Macron d’avoir « parlé pour ne rien dire », estimant que les revendications sociales demeuraient sans réponse. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a elle aussi dénoncé l’absence de mesures concrètes concernant le pouvoir d’achat, les services publics et les suppressions d’emplois.

À droite, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a qualifié l’intervention de « lamentable ». Bruno Retailleau, à la tête des Républicains, a jugé le président dépassé et réclamé l’instauration de l’état d’urgence. Le sénateur écologiste Yannick Jadot a dénoncé une démonstration d’impuissance, tandis que Marine Tondelier a refusé que les discussions annoncées avec les partis deviennent un « conseil de discipline », tout en condamnant les violences.

Près de 2 400 interpellations et des questions sur le maintien de l’ordre

Le chef de l’État s’exprimait après une journée de violences urbaines ayant donné lieu à près de 2 400 interpellations samedi, selon le bilan des autorités, et causé d’importants dégâts à Paris, Marseille, Lyon ou Limoges. Les incidents se sont poursuivis dimanche dans la capitale, où la préfecture de police a recensé 108 nouvelles interpellations.

Emmanuel Macron a insisté sur la distinction entre les revendications légitimes des manifestants et les exactions des groupes violents. Il a demandé au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, de faire toute la lumière sur les éventuelles insuffisances du dispositif de maintien de l’ordre. Selon les informations publiées lundi, le président a refusé la démission du ministre. Le gouvernement privilégie à ce stade des restrictions locales de rassemblements plutôt que l’état d’urgence demandé par une partie de l’opposition.

Une cellule de crise lundi matin, entre dégâts et réponses judiciaires

La réponse de l’exécutif entre lundi 19 octobre dans une phase opérationnelle. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, doit présider à partir de 10 heures une cellule interministérielle de crise consacrée à trois volets : économie et commerce, assurances et suivi judiciaire. Cette réunion doit établir l’ampleur des dégâts et examiner les moyens d’accélérer l’aide aux entreprises et collectivités touchées.

Dès 9 heures, le ministre du Commerce, Serge Papin, a convoqué à Bercy les fédérations de commerçants et de distributeurs, les représentants de l’hôtellerie-restauration ainsi que les banques et les assureurs. Selon la Fédération du commerce et de la distribution, environ 1 500 commerces ont été pris pour cible samedi. La coordination des forces de sécurité relève du ministère de l’Intérieur, place Beauvau, tandis que Matignon pilote la cellule interministérielle annoncée ce lundi matin.

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