PARIS — La troisième grande journée de mobilisation lycéenne a étendu mardi les protestations à travers la France, avec des manifestations dans une trentaine de villes, des blocages d’établissements et de nouveaux moments de tension avec les forces de l’ordre. L’Union étudiante revendique 450 000 participants dans le pays, dont 100 000 à Paris, un bilan syndical qui doit être distingué des chiffres officiels.
Le mouvement, entré dans son « acte III », réclame davantage de moyens pour l’éducation, des enseignants remplaçants, de meilleures conditions d’étude et des modifications de Parcoursup. Franceinfo a suivi les mobilisations à Paris et dans plusieurs grandes villes tandis que des centaines de lycées connaissaient des blocages ou des perturbations.
Le ministère de l’Éducation a recensé 891 établissements totalement ou partiellement touchés au cours de la journée. Les protestations ont rassemblé lycéens, étudiants, organisations syndicales, enseignants et parents, avec des rassemblements et des cortèges notamment à Paris, Rennes, Marseille ou Clermont-Ferrand.
Les organisations étudiantes avancent jusqu’à 450 000 manifestants
L’Union étudiante a affirmé dans l’après-midi que 450 000 personnes avaient manifesté à travers la France, dont 100 000 à Paris. Ces chiffres proviennent de l’organisation étudiante et ne constituent pas le bilan officiel des autorités. Comme lors de nombreuses mobilisations françaises, les estimations des organisateurs et de l’administration présentent des écarts importants.
La journée a également été marquée par des incidents et des confrontations dans plusieurs secteurs. Franceinfo a fait état de l’usage de gaz lacrymogènes et d’interventions policières au cours de certaines mobilisations. Le contexte reste particulièrement sensible après plusieurs semaines de blocages et de controverses sur les conditions d’intervention des forces de l’ordre autour des lycées.
Lecornu condamne les violences et réfute toute « répression policière »
Le Premier ministre Sébastien Lecornu est intervenu mardi pour répondre aux accusations visant les forces de sécurité. Il a condamné les épisodes de violence survenus pendant le mouvement et rejeté l’idée d’une politique de « répression policière » contre les lycéens.
Ses déclarations interviennent alors que les images d’interventions policières et l’utilisation de gaz lacrymogènes alimentent le débat politique et syndical. Le gouvernement affirme que les forces de l’ordre interviennent face aux violences ou aux troubles à l’ordre public, tandis que des organisations étudiantes dénoncent une réponse disproportionnée lors de certains épisodes.
La mobilisation s’installe ainsi comme un nouveau front social pour l’exécutif français. Après trois grandes journées, la capacité du mouvement à maintenir les blocages et les manifestations ainsi que la réponse du ministère de l’Éducation constitueront les prochains indicateurs. Les organisations étudiantes devront désormais décider si elles prolongent la pression par de nouvelles journées d’action.

