Macron alerte sur la Russie et n’exclut pas d’agir sur les taxes des carburants

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PARIS — Emmanuel Macron a durci son message sur la menace russe en Europe et laissé ouverte la possibilité d’agir sur la fiscalité des carburants face à l’envolée des prix, sans toutefois annoncer de baisse des taxes. Le président français a également écarté une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale, estimant qu’elle ne serait pas bonne pour le pays.

L’avertissement sur la Russie occupe une place centrale dans le message présidentiel. Emmanuel Macron considère que les menaces hybrides visant l’Europe et la France se sont intensifiées et que le pays doit se préparer face aux attaques de drones, sabotages, cyberattaques et opérations d’ingérence.

Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de renforcer la protection des infrastructures critiques et des sites sensibles. La France suit ainsi la multiplication des incidents enregistrés sur le territoire européen, tandis que les pays de l’Union européenne réévaluent leurs capacités de détection et d’interception des drones.

La fiscalité revient au centre de la crise des carburants

Le deuxième front est économique. La hausse du pétrole et les tensions sur l’approvisionnement ont replacé le prix des carburants parmi les principales préoccupations en France. Face aux demandes de réduction de la fiscalité, Emmanuel Macron n’a annoncé aucune baisse immédiate et privilégie une action sur les prix et sur les causes internationales de la crise.

Le président n’a cependant pas totalement fermé la porte à une intervention fiscale si la situation l’exige. Cette possibilité est particulièrement sensible compte tenu de l’état des finances publiques françaises : une diminution générale des taxes sur les carburants représenterait un coût budgétaire important.

La question possède également une dimension transfrontalière. L’écart de prix entre la France et l’Espagne favorise les déplacements de consommateurs français vers les stations espagnoles, notamment depuis les Pyrénées-Orientales vers la Catalogne, tandis que transporteurs et entreprises subissent eux aussi le renchérissement du gazole.

Macron écarte une nouvelle dissolution

Sur le terrain politique, Emmanuel Macron a repoussé le scénario d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale. Le président estime qu’un nouveau recours aux urnes « ne serait pas bon pour le pays », dans un contexte toujours marqué par la fragmentation parlementaire et les difficultés à construire des majorités stables.

Emmanuel Macron avait dissous l’Assemblée en juin 2024. Les élections législatives qui avaient suivi avaient débouché sur une chambre sans majorité absolue et ouvert une période prolongée d’instabilité politique.

Sécurité européenne, carburants et stabilité institutionnelle convergent ainsi dans le message de l’Élysée : la France renforce sa préparation face à une menace russe jugée croissante tout en cherchant à contenir les conséquences économiques des tensions internationales sans ouvrir une nouvelle crise politique.

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