BARCELONE — La libération coordonnée de 100 millions de barils de pétrole et de diesel décidée par le G7 produit déjà un premier effet sur les marchés : le pétrole a perdu environ cinq dollars depuis l’annonce, selon le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol. L’enjeu est désormais de voir cette détente des cours de gros se répercuter sur les prix de l’essence et, surtout, du diesel dans les stations-service.
L’opération doit commencer immédiatement et s’étendre sur quatre mois. Une part substantielle du diesel sera libérée au cours des vingt premiers jours afin d’agir en priorité sur le produit qui concentre les principales tensions d’approvisionnement. Le G7 s’est également engagé à éviter les restrictions aux exportations énergétiques entre ses membres et à coordonner la maintenance des raffineries afin de maintenir la production au niveau le plus élevé possible.
La première baisse intervient sur les marchés, pas à la pompe
Le mécanisme ne consiste ni à subventionner directement chaque litre ni à imposer un prix plafond. Les pays vont mettre sur le marché une partie de leurs réserves stratégiques, augmentant temporairement l’offre disponible. Si cette offre réduit la tension entre acheteurs, les prix du brut et des produits raffinés peuvent reculer.
Ce premier effet commence déjà à apparaître. Fatih Birol a indiqué vendredi que les cours du pétrole avaient perdu environ cinq dollars depuis la décision. Ce mouvement peut ensuite réduire le coût d’approvisionnement des raffineurs et distributeurs, mais sa transmission jusqu’aux stations-service nécessite un délai.
Le diesel peut réagir plus rapidement grâce aux stocks du G7
La particularité du dispositif est qu’il ne concerne pas uniquement le pétrole brut. Les pays vont également mobiliser des stocks de produits raffinés et avancer une quantité importante de diesel durant les vingt premiers jours. L’Europe est particulièrement exposée car elle importe une part importante de sa consommation et le marché mondial du gazole reste sous tension.
L’intervention vise donc directement la disponibilité du diesel, sans attendre uniquement qu’une baisse du Brent soit transformée par les raffineries. L’AIE évaluera les résultats et le G7 envisage des libérations supplémentaires de diesel si elles deviennent nécessaires.
Quand l’essence et le diesel peuvent-ils baisser ?
Il n’existe pour l’instant ni estimation officielle du nombre de centimes qui pourraient être gagnés par litre, ni date précise. Le prix affiché par une station dépend des cours de gros, du raffinage, du transport et de la distribution, du taux de change euro-dollar, des marges commerciales et de la fiscalité.
Une baisse de cinq dollars du pétrole ne signifie donc pas une diminution automatique et proportionnelle à la pompe. La détente doit durer pour se transmettre progressivement aux prix de détail. Emmanuel Macron a assuré que le gouvernement français veillerait à ce que la baisse observée sur les marchés mondiaux soit répercutée sur les prix payés par les consommateurs.
Les vingt prochains jours constitueront le premier test du dispositif. L’AIE doit remettre un rapport sur l’impact des mesures et le G7 décidera alors si des stocks supplémentaires doivent être mobilisés. Pour les automobilistes, la question sera de savoir si la baisse déjà amorcée sur le marché de gros finit par atteindre les prix de l’essence et du diesel.

