CEUTA — La frontière de Ceuta a connu, le 23 septembre, une journée qui pourrait devenir un cas d’étude pour l’Europe. Pendant plusieurs jours, des messages diffusés sur les réseaux sociaux avaient appelé à une nouvelle tentative d’entrée massive depuis le Maroc. L’Espagne a répondu en renforçant les secteurs du Tarajal et de Benzú. Le Maroc a également déployé des moyens préventifs de l’autre côté de la frontière. Résultat : une frontière pratiquement calme et aucune tentative significative d’entrée.
Le ministère de l’Intérieur avait mobilisé 75 agents supplémentaires des unités d’intervention de la police (UIP) et renforcé la Guardia Civil avec 120 effectifs pendant la nuit et 90 autres durant la journée. Les moyens aériens avaient également été doublés, avec deux drones et un hélicoptère. Police nationale, Guardia Civil et armée ont participé à la surveillance.
Il est impossible de démontrer que ce dispositif explique à lui seul l’échec de l’appel. La mobilisation au Maroc, l’action de ses forces de sécurité et la capacité réelle de cet appel à rassembler des candidats au passage font également partie de l’équation. Mais l’épisode pose une question qui dépasse largement Ceuta : les frontières extérieures les plus exposées de l’Union doivent-elles maintenir en permanence un niveau de surveillance renforcé ?
Protéger Schengen depuis ses frontières extérieures
L’Europe fonctionne déjà, en réalité, selon un principe de surveillance continue. EUROSUR relie les autorités nationales à Frontex afin de partager les informations concernant les frontières terrestres, maritimes et aériennes. Depuis avril, le système européen d’entrée et de sortie EES enregistre numériquement les mouvements des ressortissants de pays tiers aux frontières extérieures de l’espace Schengen.
Le nouveau Pacte sur la migration et l’asile, applicable depuis juin, ajoute des contrôles obligatoires d’identité, de sécurité, de santé et de vulnérabilité pour les arrivées irrégulières. La Commission européenne considère par ailleurs qu’une protection efficace des frontières extérieures est indispensable au maintien d’un espace Schengen sans contrôles aux frontières intérieures.
Le cas de Ceuta montre toutefois la différence entre surveillance structurelle et renforcement opérationnel. Maintenir en permanence des centaines d’agents supplémentaires, des drones, des hélicoptères et des unités spécialisées représenterait un coût considérable. Une autre option consiste à disposer d’une capacité permettant de concentrer rapidement ces moyens lorsque le renseignement, les réseaux sociaux ou les mouvements détectés de l’autre côté de la frontière signalent un risque.
La Commission a constaté cette année qu’une surveillance renforcée sur plusieurs frontières extérieures avait amélioré la détection et les délais de réaction, tout en contribuant à réduire les franchissements irréguliers.
Ceuta montre également les limites d’une réponse centrée sur la frontière. Alors que le périmètre restait placé sous surveillance maximale, les campements et les conséquences de l’entrée massive de la fin juillet deme

