Espagne : une première action en justice sur la fin des concessions de près de 1 000 km d’autoroutes

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Pool Moncloa/Sandra Armada. La Moncloa, Madrid - 15.9.2026

MADRID — La fin programmée des concessions portant sur près de 1 000 kilomètres de voies rapides espagnoles ouvre un contentieux pour le ministère des Transports, dirigé par Óscar Puente. Selon le quotidien El Economista, le ministère a reçu une première action en justice engagée par des entreprises du BTP à propos de l’expiration de ces contrats. L’identité du demandeur et le détail de ses prétentions n’ont pas pu être vérifiés indépendamment.

Dix concessions arrivent à échéance en décembre

Dix contrats attribués en 2007 doivent prendre fin le 31 décembre 2026. Ils couvrent 993 kilomètres sur des tronçons des A-1, A-2, A-3, A-31 et A-4, soit environ 9,5 % du réseau national de voies rapides gratuites. À partir du 1er janvier 2027, leur entretien devra être assuré selon une nouvelle organisation financée par l’État.

Ces concessions fonctionnent selon le principe du péage fictif, ou « peaje en sombra » : les automobilistes ne paient pas directement, mais l’administration verse une rémunération aux concessionnaires selon les paramètres contractuels, notamment la circulation et les niveaux de service.

Des économies annoncées, des coûts à prévoir

L’organisation patronale Seopan estime que l’entretien des 993 kilomètres coûterait environ 79,4 millions d’euros par an, sur la base de 80 000 euros par kilomètre. Le ministère estime pour sa part que la fin des concessions pourrait générer plus de 200 millions d’euros d’économies budgétaires annuelles. Ces chiffres émanent d’acteurs différents et ne décrivent pas la même opération comptable.

Les concessionnaires soulignent également les investissements consacrés à la remise à niveau du réseau. La transition soulève notamment la question du devenir d’environ 500 salariés spécialisés dans l’entretien et l’exploitation de ces axes, selon les estimations du secteur.

Un autre désaccord sur les futurs marchés

La fin des concessions intervient dans un climat déjà conflictuel entre les entreprises d’entretien routier et le ministère. En juillet, l’association Acex a annoncé vouloir contester les nouveaux cahiers des charges de marchés évalués à plus d’un milliard d’euros. Les sociétés critiquent la place accrue accordée au prix dans les critères d’attribution. Cette contestation des nouveaux appels d’offres doit être distinguée du contentieux relatif à l’expiration des concessions existantes.

Des recours susceptibles de retarder les attributions compliqueraient le passage de relais. L’administration devra, si nécessaire, prévoir des solutions provisoires pour garantir la continuité du service.

La sécurité routière au cœur de la transition

Selon Seopan, les sections concernées accueillent un trafic supérieur à la moyenne des voies rapides gratuites, notamment des poids lourds. Entretien des chaussées, signalisation, intervention en cas d’incident et viabilité hivernale devront être maintenus quel que soit le futur mode de gestion.

Le ministère doit donc répondre à deux impératifs : traiter les différends contractuels dans le cadre juridique approprié et assurer, dès janvier, la continuité de l’entretien sur 993 kilomètres. Le dépôt d’une action en justice ne préjuge pas de son issue.

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