L’Espagne condamne les insultes de Milei contre Sánchez et dénonce une ingérence électorale

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El ministro de Asuntos Exteriores, Unión Europea y Cooperación, José Manuel Albares, durante la rueda de prensa posterior al Consejo de Ministros. | Pool Moncloa / Borja Puig de la Bellacasa. La Moncloa, Madrid - 24.3.2026

MADRID — Le ministère espagnol des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération a condamné mercredi les attaques du président argentin Javier Milei contre Pedro Sánchez lors de sa visite à Madrid. Le département dirigé par José Manuel Albares juge « indigne » qu’un chef d’État d’un pays considéré comme frère profite de sa présence en Espagne pour insulter le président du gouvernement et, selon le ministère, attiser la polarisation politique à quelques semaines des élections législatives du 29 novembre.

Dans un communiqué, la diplomatie espagnole exprime sa condamnation la plus ferme de ce qu’elle qualifie d’insultes et de calomnies visant Sánchez, l’Espagne et les Espagnols. Elle reproche également à Milei ses propos sur le départ des socialistes du pouvoir, interprétés par le ministère comme un appel à la violence.

Madrid dénonce une intervention dans le débat électoral

Cette réaction officielle intervient après que Milei a qualifié Sánchez de « dictateur », de « corrompu » et de « voleur » lors d’un événement organisé à Madrid. Le président argentin a également déclaré qu’il fallait chasser les socialistes du pouvoir « à coups de pied » et souhaité que les électeurs espagnols ne leur renouvellent pas leur confiance.

Le ministère des Affaires étrangères souligne la souveraineté de l’Espagne et rejette l’intervention d’un dirigeant étranger dans le débat politique national. Il défend le respect des institutions démocratiquement élues et la coexistence pacifique entre citoyens, tout en mettant en garde contre une dégradation des relations entre Madrid et Buenos Aires.

La condamnation intervient en pleine précampagne. Milei a profité de son séjour madrilène pour afficher sa proximité idéologique avec plusieurs personnalités de la droite espagnole, notamment Santiago Abascal et Isabel Díaz Ayuso. Ses déclarations ont suscité des réactions critiques au sein du gouvernement, dont celle du ministre des Droits sociaux Pablo Bustinduy.

Aucune nouvelle sanction diplomatique annoncée

Malgré la fermeté du communiqué, le ministère n’a annoncé pour l’instant ni convocation du représentant diplomatique argentin ni autre démarche officielle. La situation diffère donc, à ce stade, de la crise bilatérale de mai 2024, lorsque Milei avait accusé de corruption Begoña Gómez, l’épouse de Pedro Sánchez.

À l’époque, Madrid avait rappelé pour consultations son ambassadrice à Buenos Aires, convoqué l’ambassadeur argentin puis retiré définitivement sa représentante. Quelques mois plus tard, l’Espagne avait nommé un nouvel ambassadeur sans excuses publiques préalables de Milei.

La déclaration de mercredi marque une condamnation politique officielle des propos du président argentin, sans constituer en elle-même une nouvelle rupture diplomatique. Le ministère n’a pas précisé si d’autres mesures pourraient suivre.

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