Ceuta : Moncloa publie 40 rapports sous la pression d’une crise politique qui s’aggrave

Por
3 minutos de lectura
Rueda de prensa tras el Consejo de Ministros. La Moncloa.

MADRID — Le gouvernement espagnol publiera mercredi une quarantaine de documents consacrés aux entrées massives de migrants à Ceuta, alors que la gestion de la crise alimente désormais un affrontement politique majeur. Le Conseil des ministres a approuvé la déclassification de rapports produits ou reçus entre le 1er juillet et le 1er août par plusieurs services, parmi lesquels le CNI, le renseignement militaire, la Police nationale et la Guardia Civil.

La porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, assure que les documents seront accessibles dans la matinée sur le site de Moncloa, après anonymisation des informations qui doivent l’être. L’exécutif affirme n’avoir « rien à cacher » et promet de rendre publics d’autres documents s’ils apparaissent et présentent un intérêt pour comprendre la crise.

Des documents resteront classifiés

La transparence annoncée ne sera cependant pas totale. Certaines informations resteront protégées lorsqu’elles concernent la sécurité nationale ou proviennent de services de renseignement alliés. Selon la Cadena SER, le dossier comprend notamment un rapport du renseignement militaire évoquant la possibilité d’une entrée massive autour de la fête du Trône marocain. Toute la question est désormais de savoir quand cet avertissement a été produit, quels services l’ont reçu et s’il permettait réellement d’anticiper l’ampleur des événements des 30 et 31 juillet.

Pedro Sánchez défend depuis son intervention devant le Congrès une ligne précise : aucun des éléments disponibles avant la crise n’aurait permis d’annoncer une arrivée d’une telle dimension. La publication doit désormais permettre de confronter cette version aux documents eux-mêmes.

Feijóo attaque la crédibilité du gouvernement

Alberto Núñez Feijóo conteste déjà l’exercice. Le dirigeant du PP affirme ne rien attendre des rapports, qu’il juge « tronqués », et accuse l’exécutif de ne pas avoir su anticiper ni gérer la crise. Il assure que, s’il dirigeait le gouvernement, il demanderait directement au Maroc de mettre fin à ce qu’il qualifie d’« agression ». Moncloa l’accuse en retour d’alimenter les théories conspirationnistes et lui demande d’adopter une attitude de responsable d’opposition et d’homme d’État.

Cette confrontation intervient alors que plusieurs procédures continuent de chercher à établir les responsabilités. L’Audience nationale enquête sur les événements et le gouvernement refuse toujours d’attribuer formellement à l’État marocain l’organisation des passages massifs en l’absence de preuves concluantes. À Bruxelles, le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, réclame parallèlement une présence européenne renforcée à la frontière et une moindre dépendance envers Rabat.

La publication des quelque 40 rapports constituera donc un test politique pour l’exécutif. Leur nombre importe moins que leur chronologie : quels avertissements existaient, quand sont-ils arrivés aux responsables et permettent-ils de confirmer ou de fragiliser la version défendue jusqu’ici par Moncloa ?

ETIQUETADO:
Compartir este artículo
Seguir
ON DESK es la firma colectiva de la redacción de OLA NEXT. Identifica los contenidos elaborados, actualizados o coordinados por el equipo editorial del medio a partir de fuentes propias, institucionales, empresariales y documentales. OLA NEXT cubre la actualidad económica, empresarial, política e institucional, con especial atención a Cataluña, Occitania, Aragón, Baleares, Andorra y a las dinámicas transfronterizas de la Eurorregión. Los contenidos publicados bajo la firma ON DESK son revisados conforme a los criterios editoriales y periodísticos de OLA NEXT.