MADRID — Le Conseil de sécurité nationale a commencé mardi à 10 heures au palais de la Moncloa pour examiner la crise migratoire et sécuritaire de Ceuta, près d’un mois après l’entrée massive de plus de 80 000 personnes venues du Maroc. La réunion extraordinaire est présidée par Pedro Sánchez. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, y participe par visioconférence, aux côtés de ministres et de responsables de la sécurité, de la défense, du renseignement et de la politique étrangère.
Ceuta placée au niveau de la sécurité nationale
Le gouvernement prépare la déclaration de Ceuta comme situation d’intérêt pour la sécurité nationale. Cette mesure doit renforcer la coordination institutionnelle et organiser la réponse à la pression exercée sur la frontière, les dispositifs d’accueil et la gestion des retours. Le Conseil des ministres devra la formaliser par décret après la réunion.
La principale nouveauté sera la création d’un commandement unique chargé de centraliser la gestion de la crise. Il sera dirigé par le ministre de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres, et reposera sur un comité spécialisé réunissant notamment Juan Jesús Vivas, le délégué du gouvernement à Ceuta, des responsables du CNI et les ministères concernés.
Retours, mineurs et réponse économique
Le nouveau dispositif devra coordonner la sécurité de la frontière, le retour des personnes qui ne disposent pas d’un droit au séjour en Espagne, ainsi que la prise en charge des mineurs non accompagnés et des demandeurs d’asile. Carlos Cuerpo a indiqué que le commandement unique devait accélérer l’examen des dossiers, dans le respect des garanties légales et humanitaires.
Le premier vice-président a également annoncé une extension exceptionnelle et immédiate du Plan de développement socio-économique de Ceuta, doté jusqu’ici de plus de 180 millions d’euros. Le dispositif doit intégrer des mesures de sécurité, de gestion migratoire et de soutien à l’activité économique de la ville.
La réunion se tient avant le premier Conseil des ministres après la pause estivale. Plusieurs membres du gouvernement doivent également comparaître au Congrès cette semaine pour expliquer la gestion de la crise.

