CEUTA — Pedro Sánchez se rend ce vendredi à Ceuta pour tenter de reprendre la main sur une crise migratoire d’une ampleur inédite qui place l’enclave espagnole sous une très forte pression humanitaire, sécuritaire et politique. Accompagné du ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska, le président du gouvernement doit rencontrer les autorités locales, les forces de sécurité et les services mobilisés depuis plusieurs jours pour faire face à l’arrivée massive de migrants en provenance du Maroc.
Une enclave confrontée à un afflux inédit
Depuis le début de la semaine, les arrivées se sont multipliées à un rythme jamais observé ces dernières années. Les syndicats de la Guardia Civil estiment qu’environ 49 000 personnes sont entrées à Ceuta depuis le début de la crise, un chiffre qui illustre l’ampleur de la pression exercée sur cette ville autonome de 85 000 habitants. Les autorités poursuivent toutefois leurs opérations d’identification, tandis que plusieurs migrants ont commencé à regagner volontairement le Maroc, selon Europa Press.
Les infrastructures d’accueil fonctionnent sous forte tension, notamment pour la prise en charge des mineurs isolés et des personnes les plus vulnérables. Les dispositifs de secours, les forces de sécurité et les services municipaux restent pleinement mobilisés afin d’assurer la gestion de cette situation exceptionnelle.
Une réponse de l’État sous haute surveillance
La visite de Pedro Sánchez intervient alors que le gouvernement cherche à démontrer sa capacité à reprendre le contrôle de la situation. Le chef de l’exécutif doit faire le point sur les moyens engagés par l’État et sur la coopération en cours avec les autorités marocaines pour limiter les nouvelles arrivées et organiser les premiers retours.
Dans le même temps, le roi Felipe VI s’est entretenu avec le président de la ville autonome, Juan Vivas, pour suivre l’évolution de la crise et lui témoigner son soutien. L’armée continue d’apporter un soutien logistique aux forces de sécurité, tandis que Madrid maintient des contacts permanents avec Rabat.
Au-delà de l’urgence, cette crise constitue un nouveau test pour la politique migratoire espagnole. Ceuta représente l’une des principales frontières extérieures de l’Union européenne sur le continent africain et demeure particulièrement exposée lors des épisodes de tension avec le Maroc. La visite de Pedro Sánchez vise autant à coordonner la réponse opérationnelle qu’à envoyer un message de soutien aux habitants de l’enclave et aux forces mobilisées sur le terrain.
