BARCELONE — À moins de 24 heures de la rentrée scolaire en Catalogne, Salvador Illa tente d’éviter que le conflit social ne s’installe durablement. Le président de la Generalitat a demandé lundi une « parenthèse » aux syndicats alors qu’une grève est maintenue pour ce mardi 8 septembre, premier jour de classe. Il reconnaît le droit des enseignants à cesser le travail mais demande qu’il reste compatible avec le « droit à l’éducation » des élèves et la mobilité des familles.
Interrogé sur 3Cat, Salvador Illa a admis que son gouvernement aurait pu « mieux faire les choses » à certains moments pour éviter une rentrée sous tension. Il défend néanmoins les mesures déjà engagées par l’exécutif catalan et assure maintenir la main tendue aux organisations syndicales.
Le dialogue n’a pas permis d’éviter la grève
L’appel du président intervient quelques jours après une démarche similaire de la ministre catalane de l’Éducation, Esther Niubó, auprès d’USTEC et de la CGT. Les discussions n’ont pas débouché sur une levée du mouvement. Les syndicats jugent insuffisants les accords conclus par la Generalitat avec CCOO, UGT et ASPEPC et réclament notamment des revalorisations salariales, une baisse des effectifs par classe et davantage de professionnels.
Le gouvernement catalan affirme de son côté avoir déjà exécuté 96 % des mesures prévues pour cette rentrée dans les accords signés avec ces organisations. Esther Niubó propose désormais un agenda de travail sur les problèmes structurels du système, tout en excluant la réouverture immédiate d’une nouvelle grande négociation.
Au-delà du conflit social, le modèle scolaire en question
Salvador Illa souhaite profiter de cette séquence pour engager une discussion plus large associant administrations, familles, enseignants et représentants des élèves. Il cite parmi les chantiers prioritaires l’école inclusive, qui nécessite selon lui « certains ajustements », les infrastructures, l’autorité des enseignants dans les classes, l’autonomie des établissements et les résultats scolaires.
La rentrée 2026-2027 s’ouvre donc sur un désaccord qui dépasse la seule journée de grève. La Generalitat cherche à déplacer le rapport de force vers un débat plus global sur l’avenir de l’école catalane. Pour l’heure, l’appel d’Illa n’a pas changé le calendrier : les élèves retrouveront les classes mardi dans un climat de mobilisation et de défiance entre une partie des syndicats et l’exécutif catalan.

