BARCELONE — Le pétrole accélère de nouveau. Le Brent a dépassé mardi les 108 dollars le baril en séance et s’est situé autour de 108,4 dollars, en hausse de plus de 2 %. Il s’agit d’une cotation intrajournalière et non d’un cours de clôture, mais ce mouvement accentue de nouveau la pression sur les coûts énergétiques, le transport et les carburants dans l’Eurorégion.
La hausse intervient sur un marché déjà tendu par les difficultés d’approvisionnement au Moyen-Orient. L’oléoduc saoudien Est-Ouest reste affecté après les attaques contre des infrastructures énergétiques et les discussions régionales destinées à réduire les tensions autour du détroit d’Ormuz ont été retardées. Ce corridor est stratégique pour les exportations mondiales de pétrole et le marché intègre une prime de risque croissante.
Barcelone se rapproche des deux euros
Cette nouvelle tension intervient alors que les automobilistes font déjà face à des prix élevés. Dans la ville de Barcelone, les données officielles recensées ce 15 septembre situent l’essence 95 autour de 1,92 euro le litre en moyenne et le gazole A autour de 1,93 euro. Les écarts entre stations restent importants : le sans-plomb 95 est disponible à partir d’environ 1,70 euro tandis que certaines stations dépassent deux euros.
À l’échelle de la province, les moyennes sont légèrement inférieures, autour de 1,87 euro pour l’essence 95 et 1,86 euro pour le diesel. La concurrence des stations indépendantes et à bas prix amortit encore partiellement la hausse, alors que le dernier bond du brut ne s’est pas encore répercuté intégralement à la pompe.
Plus de deux euros à Perpignan
Au nord de la frontière, la situation est plus tendue. À Perpignan, plusieurs stations affichent mardi un gazole compris entre 2,25 et 2,35 euros le litre. Le SP95-E10 reste autour de 1,99 euro dans certains réseaux à prix contenus mais atteint environ 2,18 euros dans d’autres stations. À Claira, au nord de Perpignan, le gazole était affiché à 2,341 euros et l’E10 à 2,156 euros le 14 septembre.
La comparaison illustre une Eurorégion exposée de façon différente au même choc pétrolier. Le prix du baril ne se transmet ni automatiquement ni immédiatement à la pompe : fiscalité, raffinage, distribution, stocks et concurrence interviennent dans la formation des tarifs. Mais un Brent durablement installé au-dessus de 100 dollars accroît progressivement la pression.
Pour une économie transfrontalière fortement dépendante des transports, le risque dépasse l’automobile. Transporteurs, pêche, logistique portuaire, tourisme et entreprises industrielles peuvent absorber des coûts supplémentaires si le pétrole reste à ces niveaux. Le franchissement des 108 dollars constitue pour l’instant un nouveau signal de tension, pas encore la garantie d’une nouvelle hausse immédiate dans les stations.

