PARIS — Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi vendredi 23 octobre de l’enquête sur les tirs commis à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, qui ont fait un mort et quatre blessés, dont une enfant de 12 ans. Les investigations sont ouvertes pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante liée à l’origine, à l’ethnie, à la nationalité ou à la religion réelle ou supposée des victimes.
Cette saisine marque une nouvelle étape judiciaire après les premières informations sur la fusillade. Le caractère raciste des faits figure explicitement parmi les hypothèses examinées par le parquet, mais le mobile n’est pas encore établi. Le suspect, identifié par plusieurs médias sous le nom de Kévin T., âgé de 39 ans, a été interpellé à Coignières et placé en garde à vue.
Des tirs depuis un véhicule dans deux communes
Les faits ont commencé vers 10 h 30. Selon les premiers éléments recueillis, un homme a circulé à bord d’une voiture dans plusieurs secteurs de Trappes et de La Verrière et tiré sur des personnes présentes sur la voie publique. Des tirs ont notamment été signalés aux abords d’une maison de santé, d’une station-service et d’une aire de jeux, selon les élus locaux.
Le bilan provisoire fait état d’une personne tuée et de quatre blessés, dont une fille de 12 ans. Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a indiqué que la personne décédée était d’origine africaine et qu’un blessé grave était d’origine maghrébine. Ces informations sont examinées dans le cadre de l’enquête, sans constituer à elles seules une preuve du mobile du tireur.
Le PNAT retient la piste terroriste et une circonstance raciste
Le parquet a ouvert une enquête pour assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits auraient été commis en raison de l’appartenance réelle ou supposée des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée. Les investigations portent aussi sur la détention d’une arme de catégorie A et sur une association de malfaiteurs terroriste en vue de préparer des crimes contre les personnes.
Les investigations sont confiées à la Sous-direction antiterroriste (SDAT), aux services territoriaux de la police nationale et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Elles devront déterminer si les victimes ont été choisies délibérément et si les faits répondent à une finalité terroriste. Les qualifications retenues pour l’enquête ne préjugent pas de la culpabilité du suspect.
Laurent Nuñez évoque un « périple meurtrier »
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé qu’un individu circulant en voiture avait tiré avec une arme automatique sur cinq personnes à différents endroits. Il a évoqué un « périple meurtrier » et annoncé son déplacement sur les lieux. Interrogé sur un éventuel mobile raciste, le ministre n’a pas voulu anticiper les conclusions de l’enquête, renvoyant la communication judiciaire au PNAT.
Emmanuel Macron a exprimé sa solidarité avec les victimes, leurs proches et les habitants des Yvelines, tout en saluant l’interpellation rapide du suspect par les forces de l’ordre. Des dispositifs d’aide médico-psychologique ont été ouverts localement.
Le mobile au cœur des investigations
La question centrale est désormais celle d’une éventuelle sélection des victimes en fonction de leur origine. Le maire de La Verrière, Nicolas Dainville, a estimé la piste raciste plausible à ce stade. Celui de Trappes demande que toute la lumière soit faite sur les motivations de l’auteur présumé. Les conclusions de l’enquête détermineront la qualification judiciaire définitive de l’attaque.

