PERPIGNAN — La disparition de Jean-François Leroy suscite une vive émotion à Perpignan et dans le monde du photojournalisme. Fondateur et directeur historique de Visa pour l’Image, il avait fait du festival un rendez-vous international et un élément majeur de l’identité de la ville.
Le maire de Perpignan, Louis Aliot, a salué la mémoire d’un homme dont le nom est désormais indissociable du festival. « Il était le fondateur de ce festival avec le maire de l’époque Paul Alduy, et le moteur de ce festival si important pour notre ville », a-t-il déclaré.
Le maire a également insisté sur la personnalité de Jean-François Leroy : « C’était un homme de fortes convictions mais aussi de dialogue et de compréhension. Son nom sera indissociablement lié à ce festival. »
Une figure attachée à Perpignan
Pour Laurent Gauze, président de la Chambre de commerce et d’industrie des Pyrénées-Orientales, la disparition de Jean-François Leroy marque également la perte d’un défenseur de l’information et du travail journalistique.
« C’est avec une immense tristesse que j’apprends la disparition de Jean-François Leroy. Avec lui disparaît un homme de convictions, de caractère et de passion, qui aura consacré près de quarante ans à défendre le photojournalisme et une certaine idée de l’information : libre, exigeante, humaine et ancrée dans le réel », a-t-il réagi.
Cette dimension professionnelle est aussi au cœur du témoignage de Dimitri Beck, directeur de Polka Magazine. « J’y ai appris le métier à Visa pour l’Image grâce à la passion de Jean-François Leroy. Visa, c’est Jeff et vice-versa. Sa disparition est une grande perte pour le métier », a-t-il déclaré.
Un défenseur du métier
Le journaliste Lucas Menget a lui aussi insisté sur le rôle joué par Jean-François Leroy au-delà de la direction du festival. « Jean-François aura été le plus grand défenseur du photojournalisme, le combat de sa vie », écrit-il dans un message publié sur LinkedIn.
Il rappelle également sa capacité à repérer les auteurs et les reportages qui comptaient : « Outre son œil qui lui permettait de trouver une pépite au milieu des milliers d’images qu’il voyait chaque année, il a été le défenseur d’une profession, et plus largement d’une éthique du journalisme. »
Pour le photojournaliste Alfred Yaghobzadeh, la disparition de Jean-François Leroy laisse une profession orpheline. « Tu vas profondément nous manquer. Sans toi, les photographes se sentent comme des orphelins. Tu nous as réunis grâce à ta passion et à ta vision en tant que fondateur de Visa pour l’Image. Ton héritage vivra dans chaque image et en chacun de nous », écrit-il.
Une voix du photojournalisme
La présidente du Département des Pyrénées-Orientales, Hermeline Malherbe, a elle aussi rendu hommage à une personnalité dont le parcours s’était confondu avec celui du festival et de son territoire.
« C’est avec une profonde émotion que j’apprends la disparition de Jean François Leroy. Il est des hommes dont le nom finit par se confondre avec un lieu, avec une histoire, avec un festival », a-t-elle déclaré.
« Avec lui, c’est une grande voix du photojournalisme, une personnalité libre et passionnée, mais aussi une figure profondément attachée à Perpignan et aux Pyrénées-Orientales qui disparaît », a ajouté Hermeline Malherbe.
Depuis les États-Unis, le photojournaliste David Turnley a évoqué une relation d’amitié qui remontait à la première invitation reçue à Visa pour l’Image, il y a 38 ans. Il a résumé l’héritage de Jean-François Leroy en quelques mots : « Certains laissent derrière eux un héritage. Jean-François Leroy laisse derrière lui un monde entier d’amour, de vérité, de courage et de photographie. »
David Turnley a également rappelé que Visa avait offert aux photographes du monde entier une véritable maison, ainsi que « la dignité, le respect et un lieu où les histoires qui comptent pouvaient être vues et conservées ». Pour lui, Jean-François Leroy restera toujours dans le cœur de ceux qu’il a réunis autour du festival.
Ces réactions dessinent le portrait d’un fondateur dont l’influence dépassait la programmation annuelle de Visa pour l’Image. En attirant chaque été les grands noms de la photographie, les agences, les rédactions et de nouvelles générations de reporters, Jean-François Leroy avait installé Perpignan au centre d’une profession confrontée aux guerres, aux crises et aux bouleversements technologiques.
La 38e édition du festival, ouverte le 29 août, se poursuit dans la ville. Elle est la première à se dérouler sans celui qui l’avait créée et dirigée pendant près de quatre décennies. Les organisateurs doivent prochainement préciser les modalités de l’hommage qui lui sera rendu. À Perpignan, les témoignages convergent déjà sur un point : Visa pour l’Image et Jean-François Leroy restent intimement liés.

