Jean-François Leroy, fondateur et directeur historique de Visa pour l’Image, est mort

Foto: Visa Pour l'Image

PERPIGNAN — Jean-François Leroy, fondateur et directeur historique de Visa pour l’Image, est décédé ce lundi 31 août 2026. Le festival international du photojournalisme et son équipe ont annoncé sa mort avec sa famille, au début d’une édition qui devait de nouveau réunir à Perpignan des photographes, des journalistes, des agences, des éditeurs et des visiteurs venus du monde entier.

Sa disparition intervient alors que Visa pour l’Image célèbre sa 38e édition. Pendant près de quatre décennies, Jean-François Leroy a transformé une initiative consacrée à la photographie de presse en l’un des principaux rendez-vous internationaux du photojournalisme. Perpignan n’était plus seulement une ville située entre la France et l’Espagne : chaque fin d’été, elle devenait un lieu où l’actualité du monde se regardait et se discutait.

Un photographe avant d’être un directeur

Avant de diriger le festival, Jean-François Leroy était photographe et journaliste. Il a travaillé pour l’agence Sipa Press et collaboré à plusieurs publications spécialisées, parmi lesquelles Photo-Reporter, Le Photographe, Photo-Revue et Photo Magazine, dont il fut le rédacteur en chef entre 1984 et 1987. En 1988, il devint également l’agent de la photographe Dominique Issermann.

Son parcours s’est construit au contact direct des auteurs et des transformations d’un métier qu’il a vu passer du négatif et du tirage papier à la photographie numérique et à la diffusion instantanée. En 1989, il participa avec Yann Arthus-Bertrand au projet « 3 Jours en France », avant de contribuer à la création de Visa pour l’Image avec Roger Thérond, figure historique de la direction de Paris Match.

Le festival est né la même année à Perpignan autour d’une idée à la fois simple et exigeante : offrir un espace propre aux images qui documentent le monde, y compris lorsqu’elles ne trouvent pas leur place dans les grands médias ou les institutions culturelles. Depuis, les expositions ont investi les églises, les couvents, les universités et les bâtiments historiques du centre-ville.

Un regard sur les guerres et les sociétés

Jean-François Leroy défendait une photographie de terrain, réalisée par des professionnels qui acceptent de se rendre là où les crises se produisent. Sous sa direction, Visa a montré les guerres, les révolutions, les déplacements de population, les catastrophes, les inégalités et les transformations sociales. Mais le festival ne s’est jamais limité aux champs de bataille : il a aussi donné une place à la pauvreté, à la santé, à l’environnement, à la vie quotidienne et aux histoires de ceux qui restent souvent en dehors du cadre.

Sa relation avec les photographes était l’un des traits les plus reconnaissables de son travail. Leroy parlait d’eux comme de ses yeux sur le monde et a fait du festival un lieu de découverte et de transmission. Les expositions permettaient aux auteurs reconnus de dialoguer avec de nouvelles générations, tandis que les projections nocturnes et les prix donnaient de la visibilité à des reportages exigeant parfois des années de travail et réalisés au prix de risques considérables.

Visa s’est aussi imposé comme un lieu professionnel. Pendant la semaine consacrée au secteur, les photographes et les jeunes auteurs pouvaient rencontrer des agences, des directeurs de la photographie et des responsables éditoriaux. Dans un secteur marqué par la précarité, la baisse des budgets et la transformation des médias, cette fonction de rencontre était aussi importante que les expositions ouvertes au public.

Défendre la valeur d’une image vérifiée

Dans ses derniers éditoriaux, Jean-François Leroy s’était emparé d’un nouveau défi : la circulation massive d’images fausses ou manipulées par l’intelligence artificielle. Pour lui, l’enjeu n’était pas de rejeter la technologie, mais de préserver la responsabilité du professionnel qui identifie, vérifie et contextualise ce qu’il montre.

Cette question occupait une place centrale dans l’édition 2026, ouverte seulement deux jours avant sa mort. Le festival interrogeait la possibilité de croire encore ce que nous voyons, à une époque où une image peut être fabriquée en quelques secondes puis diffusée sur les réseaux sociaux avant que son origine ait été contrôlée.

La réponse de Jean-François Leroy se trouvait dans le travail des reporters et dans le lien entre une image et le terrain dont elle est issue. Pendant 38 ans, Visa pour l’Image a porté cette conviction : la photographie ne remplace pas l’information, mais elle peut la rendre visible, concrète et humaine.

Perpignan continuera d’accueillir le festival et l’équipe de Visa annoncera prochainement les dispositions prévues pour rendre hommage à son fondateur. Mais depuis ce lundi, chaque exposition, chaque projection et chaque rencontre professionnelle porte aussi la marque de celui qui a fait de la ville une référence mondiale du photojournalisme.

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Periodista y director editorial de OLA NEXT, con más de 15 años de experiencia en televisión y agencias de noticias. Ha desarrollado su trayectoria profesional entre España y Francia, trabajando para diferentes medios de comunicación. Especializado en actualidad, economía y asuntos europeos, dirige el desarrollo editorial de OLA NEXT.
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