CEUTA — Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, va faire part aux plus hautes autorités judiciaires espagnoles de son inquiétude concernant la situation de la ville autonome après l’arrivée massive de migrants enregistrée à la fin du mois de juillet. Il a annoncé qu’il indiquera aux présidents du Tribunal suprême et du Tribunal constitutionnel que, selon lui, «Ceuta est en danger».
Le président de Ceuta inscrit cette initiative dans une série de démarches institutionnelles destinées à exposer les conséquences de la crise, après l’entrée d’environ 70 000 personnes depuis le Maroc les 30 et 31 juillet.
Juan Jesús Vivas assure que la ville ne va pas «se rendre» et insiste sur la nécessité de préserver sa stabilité et de garantir la réponse des institutions de l’État. Ses déclarations interviennent plus de deux semaines après le début d’une crise qui continue d’avoir des conséquences migratoires, sociales, sanitaires et politiques.
La pression politique se poursuit
Cette annonce intervient alors que les contacts se multiplient entre Madrid et Bruxelles. Le commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner, s’est entretenu ce lundi avec Fernando Grande-Marlaska et a qualifié d’«important et nécessaire» le travail réalisé par l’Espagne pour protéger les frontières extérieures de l’Union européenne.
Pedro Sánchez a également convoqué ce lundi une réunion en visioconférence avec plusieurs ministres afin d’examiner l’évolution de la situation à Ceuta.
Parallèlement, le Parti populaire réclame l’activation de la loi de sécurité nationale, la mise en place d’un «commandement unique», le renforcement des forces de sécurité et des forces armées ainsi que le retour des personnes entrées irrégulièrement, y compris les mineurs.
La démarche annoncée par Vivas ouvre ainsi un nouveau volet institutionnel de la crise, tandis que Ceuta continue de réclamer des réponses de l’État et que la gestion des conséquences des arrivées reste au cœur du débat politique espagnol.

