MADRID — La police nationale et la police municipale ont démantelé dans la nuit du lundi 2 au mardi 3 novembre le campement installé depuis le 26 septembre sur la Puerta del Sol, à Madrid, pour défendre le droit au logement. 334 personnes se trouvaient sur la place au moment de l’intervention. Les forces de l’ordre ont confirmé deux interpellations, tandis que les services municipaux ont commencé à retirer les tentes.
Selon les sources policières citées, l’opération a débuté vers 3 heures du matin. Les occupants ont commencé à diffuser des images et des alertes sur les réseaux sociaux vers 4 heures. Les équipes de nettoyage de la ville ont été chargées de retirer les installations et de transporter les objets vers des dépôts municipaux, où leurs propriétaires pourront les réclamer.
Les autorités parlent d’une opération sans violence, les manifestants contestent
La délégation du gouvernement à Madrid présente l’évacuation comme un dernier recours, après plusieurs avertissements adressés aux organisateurs. Elle fait valoir que les principales commissions de la mobilisation avaient cessé leurs activités, que la nature du rassemblement avait évolué et que des incidents signalés dans le secteur soulevaient des enjeux de sécurité. Elle affirme que l’intervention a été progressive et s’est déroulée sans violence.
Le mouvement 26S dénonce au contraire des coups et l’utilisation de gaz poivré par les unités antiémeutes. Ses représentants affirment que plusieurs occupants auraient été blessés et certains participants disent ne pas avoir pu récupérer leurs affaires. Ces accusations n’étaient pas accompagnées d’un bilan médical indépendant confirmé dans les informations consultées. Deux personnes ont été interpellées, selon la police, pour résistance et pour une agression présumée contre un agent.
Une mobilisation pour le logement engagée le 26 septembre
Le campement avait été installé à la suite d’une manifestation pour le droit au logement, dans le contexte de l’expulsion de Maricarmen Abascal, une femme de 87 ans décédée quelques jours après avoir quitté l’appartement qu’elle occupait depuis des décennies. Pendant plus d’un mois, les tentes de la Puerta del Sol ont symbolisé la mobilisation contre les expulsions locatives et les difficultés d’accès à un logement abordable.
Une partie des commissions organisatrices avait annoncé ces derniers jours la fin de son activité sur la place et son déplacement vers les quartiers, en vue notamment d’une mobilisation prévue le 11 novembre. D’autres occupants, dont des personnes sans domicile, souhaitaient rester. L’évacuation met fin au campement, mais pas au débat sur la crise du logement ni aux interrogations sur les conditions de l’intervention policière.

