MADRID — Le président du Parti populaire espagnol, Alberto Núñez Feijóo, a imputé vendredi au gouvernement la responsabilité politique de la catastrophe ferroviaire d’Urda, près de Tolède, qui a fait au moins 69 morts. Selon le chef de l’opposition, l’exécutif n’a pas remplacé un dispositif de sécurité qu’il juge obsolète. Il s’est exprimé après une réunion avec quinze spécialistes des infrastructures et des services ferroviaires au siège de son parti, à Madrid.
Alberto Núñez Feijóo estime que l’accident est survenu parce que le gouvernement « n’a pas renouvelé un système de sécurité obsolète alors qu’il aurait dû le faire ». Cette affirmation constitue une mise en cause politique : les enquêtes technique et judiciaire sont toujours en cours et n’ont pas encore établi définitivement les causes de la collision ni d’éventuelles responsabilités.
Des responsabilités réclamées au sommet de l’État
Le dirigeant conservateur a critiqué le maintien en fonctions des responsables ferroviaires après les catastrophes d’Adamuz, en Andalousie, et d’Urda. Il a prévenu que, faute de démissions, les électeurs pourraient sanctionner le gouvernement lors des législatives du 29 novembre.
Feijóo accuse l’exécutif d’avoir négligé la « culture de la sécurité ». Il conteste également toute tentative de concentrer les explications sur le seul agent du centre de contrôle d’Adif impliqué dans les communications précédant le choc. Il demande d’examiner l’ensemble des dispositifs de protection ainsi que les choix de gestion et d’entretien.
Le ministre des Transports, Óscar Puente, a exclu vendredi de démissionner. Il affirme que sa mission est de comprendre les circonstances du drame, de fournir des explications et de proposer des solutions. Le gouvernement appelle à attendre les résultats des investigations avant d’établir les responsabilités.
La maintenance avant les nouveaux chantiers
Alberto Núñez Feijóo promet, s’il accède au pouvoir, de donner la priorité à l’entretien et à la conservation du réseau plutôt qu’aux nouveaux projets. Il propose également un examen technique des infrastructures ferroviaires et un renforcement des services de sécurité de Renfe et d’Adif.
Il reconnaît que ces travaux pourraient nécessiter des limitations de vitesse ou des interruptions ponctuelles de circulation. Aucun programme précis ni calendrier de fermeture n’a toutefois été annoncé.
Des causes encore à établir
La catastrophe d’Urda résulte d’une collision entre un train à grande vitesse AVE de Renfe et une rame Iryo. Les enquêteurs analysent les systèmes de signalisation et les communications du centre de contrôle afin de reconstituer le déroulement de l’accident.
Le bilan provisoire est de 69 morts. Le chef du PP a ouvert sa conférence de presse par un hommage aux victimes et des condoléances à leurs proches. Ses déclarations accentuent la pression politique sur l’exécutif, sans préjuger des conclusions à venir sur l’état des installations et les causes exactes du sinistre.

