MADRID — Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, envisage d’interrompre temporairement la circulation sur certains tronçons à grande vitesse, notamment sur les axes Madrid-Barcelone et Madrid-Séville, lorsque des travaux de modernisation le nécessiteront. Cette possibilité évoquée vendredi ne constitue pas une décision de fermeture et aucun calendrier n’a été annoncé. Le ministre exclut parallèlement de démissionner après la catastrophe d’Urda, près de Tolède, dont le bilan provisoire s’élève à 69 morts.
Interrogé sur la nécessité de suspendre certains services pendant les chantiers, Óscar Puente a répondu que cette option devait être « évaluée et examinée ». Elle pose la question de l’organisation des travaux de sécurité sur un réseau très fréquenté, sans interrompre davantage que nécessaire les déplacements des voyageurs.
Aucune fermeture décidée sur Madrid-Barcelone
Le ministre n’a pas annoncé de suspension immédiate de la liaison entre Madrid et Barcelone. Il n’a précisé ni les opérations qui imposeraient une interruption complète, ni leur durée, ni les solutions de remplacement. D’éventuelles coupures dépendraient de la nature des travaux et des décisions ultérieures des autorités ferroviaires.
La liaison à grande vitesse Madrid-Séville est déjà interrompue depuis la collision d’Urda. Renfe a reporté au 3 novembre au plus tôt son dispositif de transport de remplacement, en raison des délais réglementaires nécessaires pour modifier les services des conducteurs. Cette situation liée à l’accident doit être distinguée des fermetures préventives envisagées pour de futurs chantiers.
Le ministre refuse de quitter ses fonctions
Óscar Puente affirme vouloir concentrer son action sur l’établissement des causes de l’accident. Dès mercredi, après la collision d’un AVE de Renfe avec un train Iryo, il avait indiqué ne pas réfléchir à son propre avenir politique, mais chercher à comprendre et à résoudre les défaillances révélées par le drame.
Les enquêteurs examinent notamment la panne du système de signalisation LZB et les instructions données par le centre de contrôle d’Adif à Atocha. Le ministre a jugé inexplicable l’autorisation de reprendre une marche normale accordée à l’AVE alors qu’un autre train était immobilisé sur la voie. Les responsabilités ne sont pas encore établies par l’enquête.
Une pression croissante sur la sécurité du réseau
Le bilan provisoire d’Urda atteint 69 décès, selon les données rapportées jeudi par Reuters. Cette catastrophe, survenue quelques mois après celle d’Adamuz en Andalousie, relance le débat sur les investissements et les protocoles de sécurité de la grande vitesse espagnole.
Le Parti populaire demande le départ du ministre, attendu le 3 novembre devant la Députation permanente du Congrès pour fournir des explications. À ce stade, l’hypothèse d’une fermeture de Madrid-Barcelone pour travaux reste une option à l’étude, et non une interruption programmée.

