MADRID — Le parquet espagnol a demandé l’acquittement de Begoña Gómez dans la procédure visant l’épouse du président du gouvernement Pedro Sánchez, estimant que les éléments réunis ne sont pas suffisants pour justifier une condamnation pour les infractions qui lui sont reprochées. Le ministère public a formalisé sa position dans un écrit transmis au tribunal alors que l’affaire est désormais entrée dans la phase précédant le procès.
Selon les informations publiées mercredi par El Periódico et reprises par plusieurs médias nationaux, le parquet conteste la solidité des éléments à charge et considère que les faits examinés ne permettent pas d’établir les infractions poursuivies. Cette demande intervient alors que la procédure a continué à progresser vers un procès malgré les objections formulées à plusieurs reprises par le ministère public pendant l’instruction.
L’affaire porte sur plusieurs aspects de l’activité professionnelle de Begoña Gómez et sur ses relations avec des entreprises et des projets développés depuis l’Université Complutense de Madrid. L’enquête a notamment examiné des marchés publics attribués à des entreprises liées à l’entrepreneur Juan Carlos Barrabés, des lettres de recommandation signées par Gómez ainsi que la gestion d’outils liés à la chaire universitaire qu’elle codirigeait.
Le parquet maintient ses divergences avec l’instruction
Le ministère public a contesté à plusieurs reprises l’étendue de l’enquête conduite par le juge Juan Carlos Peinado. Sa nouvelle position ne met toutefois pas automatiquement fin à la procédure : les autres parties poursuivantes peuvent maintenir leurs demandes et il appartiendra au tribunal d’examiner les éléments produits au procès avant de rendre sa décision.
L’affaire a pris une dimension politique exceptionnelle en raison du lien familial avec le président du gouvernement. Pedro Sánchez a dénoncé à plusieurs reprises une stratégie de harcèlement politique et judiciaire visant son entourage, tandis que les accusations populaires estiment que les indices recueillis justifient la poursuite de la procédure. La position du parquet doit être distinguée de ces lectures politiques : juridiquement, elle signifie que le ministère public ne considère pas disposer d’éléments suffisants pour demander une condamnation.
Une décision qui intervient en pleine séquence électorale
Cette évolution judiciaire intervient deux jours après l’annonce par Sánchez d’élections générales anticipées le 29 novembre et alors que les Cortes sont déjà dissoutes. L’affaire Begoña Gómez constituait l’un des principaux dossiers judiciaires invoqués par l’opposition contre le chef du gouvernement pendant la législature et restera présente dans le débat politique de la précampagne.
La demande du parquet ne constitue pas non plus un acquittement judiciaire. La procédure devra suivre son cours jusqu’à ce que la juridiction compétente se prononce sur les accusations et, le cas échéant, sur la responsabilité pénale de Gómez. La distinction est essentielle : à partir de mercredi, le ministère public fixe formellement sa position en ne soutenant aucune demande de condamnation et en sollicitant son acquittement.

