BARCELONE — Une équipe internationale de chercheurs a identifié au Brésil un nouveau coronavirus de chauve-souris présentant une caractéristique moléculaire similaire à celle observée chez le SARS-CoV-2. Cette découverte, publiée dans la revue scientifique Nature Communications, ne signifie pas que ce virus puisse infecter l’être humain ni qu’une nouvelle menace pandémique soit apparue, mais elle renforce l’intérêt de la surveillance des coronavirus animaux susceptibles de développer des mécanismes associés au franchissement de la barrière des espèces.
Le virus a été identifié à partir d’échantillons provenant d’une chauve-souris de l’espèce Pteronotus parnellii collectés au Brésil. Son analyse génétique révèle des différences suffisamment importantes avec les coronavirus déjà connus pour conduire les chercheurs à proposer son classement dans un nouveau sous-genre.
Une similitude avec le SARS-CoV-2 sous surveillance
La caractéristique qui retient particulièrement l’attention des scientifiques se situe sur la protéine Spike, utilisée par les coronavirus pour pénétrer dans les cellules. Le nouveau virus possède un site fonctionnel de clivage par la furine comportant une séquence appelée RDAR.
Le SARS-CoV-2 présente à cet endroit une séquence RRAR. Un seul acide aminé les différencie, une proximité moléculaire notable puisque le site de clivage par la furine a été largement étudié pour son rôle dans l’entrée du SARS-CoV-2 dans les cellules et sa propagation.
Cette similitude ne permet toutefois pas de conclure que le nouveau coronavirus est capable d’infecter l’être humain. Les chercheurs n’ont démontré ni infection humaine, ni transmission entre personnes, ni circulation de ce virus en dehors de son hôte animal.
Il n’existe donc à ce stade aucun élément scientifique permettant de parler d’un « nouveau Covid » ou d’une prochaine pandémie.
Renforcer la surveillance des coronavirus animaux
Cette découverte s’inscrit dans un effort international visant à identifier les coronavirus présents chez les animaux avant un éventuel franchissement de la barrière des espèces. D’autres travaux publiés en 2026 ont étudié des coronavirus détectés chez des chauves-souris en Asie et en Afrique ainsi que leur capacité à utiliser certains récepteurs cellulaires.
L’objectif est d’identifier en amont les caractéristiques susceptibles de faciliter une zoonose, et non de prédire qu’elle se produira.
L’étude brésilienne intervient également dans un contexte de regain d’attention autour du coronavirus en Europe. L’Espagne a enregistré la semaine dernière une augmentation de l’incidence estimée du Covid-19, passée de 50,4 à 85 cas pour 100 000 habitants, tandis que la France constatait une hausse des passages aux urgences pour suspicion de Covid.
Il s’agit de deux phénomènes distincts : le rebond européen concerne le SARS-CoV-2 déjà en circulation dans la population, tandis que le virus découvert au Brésil reste, selon les données disponibles, dans le champ de la surveillance des coronavirus animaux.
Cette concomitance replace néanmoins la surveillance épidémiologique et la recherche sur les risques zoonotiques au cœur des dispositifs destinés à anticiper de futures menaces sanitaires.

