BARCELONA — Le diesel reste l’un des principaux points de tension énergétique ce mercredi 23 septembre. En Espagne, les dernières données disponibles placent le prix moyen autour de 1,87 euro le litre, tandis qu’en France la moyenne quotidienne se maintenait mardi légèrement au-dessus de 2,40 euros. L’écart dépasse ainsi 50 centimes par litre entre les deux côtés des Pyrénées.
Le contraste est particulièrement visible dans l’Eurorégion. Le portail officiel français des carburants affichait mercredi matin un gazole à 2,399 euros le litre dans une station de Perpignan, tandis que plusieurs stations TotalEnergies appliquent toujours un plafond de 2,25 euros. En Espagne, le prix final reste amorti par la réduction fiscale de 20 centimes par litre en vigueur en septembre.
La remise espagnole déjà absorbée par la hausse
L’allègement fiscal n’empêche plus la remontée du gazole. EFE, à partir des données de la CNMC, situe le dernier prix de vente autour de 1,87 euro le litre, soit environ 29% de plus que les 1,45 euro observés au début de la guerre en Iran. Hors taxes, la hausse atteint 68%, de 0,82 à 1,378 euro le litre.
La réduction espagnole de 20 centimes doit prendre fin le 30 septembre. Les organisations de transporteurs réclament de nouvelles mesures et préviennent d’un renchérissement supplémentaire si le mécanisme disparaît en octobre. Plus de 18 millions de voitures, utilitaires, poids lourds et autobus espagnols dépendent encore du diesel.
La France reste au-dessus de 2,40 euros
La pression est plus forte encore au nord de la frontière. Les données quotidiennes établies à partir des déclarations des stations au portail du ministère français de l’Économie plaçaient le gazole à 2,402 euros le litre le 22 septembre. Le gouvernement a annoncé mardi de nouvelles aides ciblées sur les travailleurs parcourant de longues distances ainsi que sur la pêche, l’agriculture et plusieurs professions très dépendantes de la voiture.
Cette flambée ne s’explique plus seulement par le baril. Le Brent est revenu autour et sous les 100 dollars, mais Reuters relève que les contrats à terme européens sur le diesel ont plus que doublé depuis le début de l’année. Les exportations du Moyen-Orient ont fortement diminué et les raffineries mondiales disposent de peu de capacités supplémentaires.
Le problème dépasse désormais le prix du brut
La guerre en Iran, les restrictions russes et les dommages subis par plusieurs infrastructures énergétiques ont réduit l’offre mondiale de distillats. L’Europe, structurellement importatrice de diesel, est particulièrement exposée. Paris demande même à Bruxelles d’assouplir temporairement certaines normes afin d’augmenter de 5% à 20% la production de diesel et de kérosène selon les raffineries.
Sur le corridor Barcelone-Perpignan-Toulouse, cette évolution touche directement le transport de marchandises, l’agriculture et la logistique. Un recul du Brent peut détendre une partie du marché, mais tant que l’offre mondiale de diesel restera contrainte, la baisse du brut peut mettre davantage de temps à se transmettre aux prix affichés à la pompe.

