CEUTA — Ceuta tourne de nouveau son attention vers la frontière du Tarajal après la diffusion sur les réseaux sociaux d’un nouvel appel à tenter de franchir la frontière depuis le Maroc le 23 septembre. Le gouvernement espagnol affirme désormais agir de manière préventive et maintenir des contacts directs avec Rabat afin d’éviter que ces appels ne débouchent sur une nouvelle entrée massive.
Le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares a déclaré lundi entretenir une relation « fréquente » avec son homologue marocain Nasser Bourita, aussi bien pour organiser le retour de migrants lorsque les dossiers sont prêts que pour empêcher de nouvelles entrées. Selon Albares, les messages circulant sur les réseaux ne rencontrent « pour le moment » ni l’écho ni l’impact de l’appel ayant précédé le 30 juillet.
Madrid demande des mesures préventives à Rabat
Le ministère des Affaires étrangères a également lancé une campagne contre la désinformation. Les consulats et l’ambassade d’Espagne sont en contact avec des médias marocains afin de rappeler qu’il n’est pas possible d’entrer irrégulièrement à Ceuta et Melilla. Albares indique avoir demandé au Maroc de prendre « toutes les mesures préventives » nécessaires.
Le ministre cite comme précédent le 15 août, lorsqu’un autre appel à une entrée massive n’avait pas abouti. Selon sa version, la campagne d’information et le renforcement des effectifs à la frontière avaient permis d’empêcher cette tentative.
L’appel du 23 septembre reste sous surveillance
Antena 3 indique, en citant l’ambassade d’Espagne à Rabat, que des groupes réunissant plus de 90 000 personnes diffuseraient des appels à se diriger vers la frontière. Cette audience numérique ne signifie pas que 90 000 personnes sont mobilisées et ne permet pas de déterminer combien pourraient réellement rejoindre Fnideq.
Les autorités marocaines ont renforcé préventivement leur dispositif dans la zone située face à Ceuta. Le 23 septembre coïncide également avec les élections législatives marocaines, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur le dispositif de sécurité.
Ceuta continue de gérer la crise de juillet
Cette nouvelle alerte intervient alors que des milliers de migrants se trouvent toujours dans la ville après l’entrée massive de la fin juillet. Les estimations disponibles continuent de varier selon les administrations et doivent être considérées comme des approximations en raison de la mobilité d’une partie de cette population.
Le ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska se rend lundi à Ceuta pour examiner le dispositif d’accueil, les unités de la Police nationale et de la Guardia Civil ainsi que l’Office de l’asile et du refuge.
À deux jours du 23 septembre, le principal signal sera de déterminer si les messages diffusés en ligne provoquent de véritables rassemblements au Maroc. La déclaration d’Albares apporte désormais un élément concret : Madrid affirme coordonner la prévention avec Rabat avant la date annoncée.

