BARCELONE — Le pétrole commence la semaine toujours au-dessus du seuil de 100 dollars tandis que les tensions dans le détroit d’Ormuz continuent de peser sur le coût des carburants en Europe. Le Brent évoluait lundi autour de 102 dollars le baril, en baisse d’environ 2 %, mais cette détente n’efface ni la forte hausse accumulée ni sa transmission aux produits raffinés.
Le dernier signal maritime entretient l’incertitude : Kpler n’a détecté que douze navires transportant des matières premières à travers Ormuz durant le week-end, contre 35 le précédent. Ce chiffre ne signifie pas que le détroit est fermé, certains pétroliers naviguant sans transpondeur et les flux saoudiens ayant retrouvé du volume, mais il maintient une prime de risque élevée sur l’énergie, le transport et l’assurance.
Le diesel européen dépasse deux euros
La photographie des stations-service montre que le choc a déjà atteint le consommateur. Le dernier Bulletin pétrolier de la Commission européenne, correspondant à la semaine du 14 septembre, situe l’essence 95 autour de 1,92 euro le litre en moyenne dans l’UE et le diesel à 2,08 euros. Le gazole augmente plus rapidement en raison des tensions spécifiques sur les distillats moyens.
L’Espagne reste sous ces niveaux : la référence européenne place le diesel à 1,834 euro et l’essence 95 à 1,867 euro le litre. Les données nationales quotidiennes montrent toutefois que la hausse s’est poursuivie : la semaine du 14 au 20 septembre s’est terminée autour de 1,926 euro pour le diesel et 1,922 euro pour l’essence 95.
La France paie une facture beaucoup plus lourde
L’écart avec la France reste particulièrement marqué. Dans la référence comparable de la Commission, le diesel français atteignait 2,291 euros le litre et l’essence 95, 2,172 euros. Les relevés quotidiens des stations indiquaient déjà le 17 septembre environ 2,37 euros pour le gazole et 2,16 euros pour le SP95-E10.
Sur la base des données européennes, un plein de 50 litres de diesel coûte environ 22,85 euros de plus en France qu’en Espagne. Pour l’essence 95, l’écart approche 15,25 euros. Fiscalité, structure du marché et coûts de raffinage expliquent qu’un même Brent ne se transmette pas de manière identique des deux côtés des Pyrénées.
Ormuz maintient la pression
Le recul du Brent observé lundi peut apporter un soulagement s’il se confirme, mais il ne se répercute pas immédiatement à la pompe. Entre le prix du brut et la station-service interviennent raffinage, contrats, stocks, transport, marges et fiscalité.
Pour l’Eurorégion, deux signaux seront désormais déterminants : la capacité du Brent à s’éloigner durablement des 100 dollars et, surtout, une éventuelle détente des cotations du diesel et des autres distillats. Tant qu’Ormuz fonctionnera avec une visibilité réduite et des coûts logistiques élevés, l’écart entre le brut et le prix final restera un important foyer de pression pour les ménages, les transporteurs et les entreprises.

