BARCELONA — L’Union européenne entend adapter son fonctionnement avant d’accueillir de nouveaux États membres. Réunis à Bruxelles, les dirigeants des Vingt-Sept ont inscrit dans leurs conclusions la nécessité de réformes internes pour préserver la capacité d’action des institutions lors des prochains élargissements. Ils insistent sur une double exigence : les pays candidats doivent remplir les critères d’adhésion, mais l’Union doit elle aussi être prête.
Le Conseil européen a pris acte des propositions présentées par la Commission au début du mois. Bruxelles envisage notamment une intégration progressive des candidats dans certaines politiques et une limitation du recours à l’unanimité pour réduire les possibilités de veto. Ces pistes restent à négocier : elles ne constituent pas, à ce stade, des décisions institutionnelles définitives.
Préserver la capacité de décision
Les chefs d’État et de gouvernement souhaitent clarifier les priorités politiques de long terme et les moyens d’action d’une Union élargie. Ils présentent l’adhésion de nouveaux pays comme un investissement stratégique pour la paix, la sécurité et la prospérité du continent. Le processus demeure toutefois fondé sur les mérites de chaque candidat, évalué selon les progrès accomplis dans les réformes exigées.
Le Monténégro, dossier le plus avancé
Les Vingt-Sept ont salué la poursuite des travaux de rédaction du traité d’adhésion du Monténégro. La présidence irlandaise du Conseil souhaite faire progresser la clôture provisoire des chapitres de négociation encore ouverts, à condition que Podgorica mette en œuvre les réformes attendues.
Le texte final se montre néanmoins plus prudent qu’un projet antérieur. Il ne reprend pas l’objectif de fermer tous les chapitres avant la fin de l’année 2026, ni la formule appelant à conclure le traité au plus vite. Aucun calendrier ferme n’est donc arrêté dans ces conclusions.
Pour les États membres actuels, dont la France et l’Espagne, la discussion sur l’élargissement dépasse les seules frontières de l’Union. Elle touche également aux règles de décision, au financement des politiques européennes et au fonctionnement du marché intérieur dans une organisation comptant davantage de membres.

