Marlaska défend la coopération avec le Maroc tandis que l’Audience nationale enquête sur son rôle à Ceuta

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MADRID — Fernando Grande-Marlaska a de nouveau défendu mercredi la coopération avec le Maroc face à la crise de Ceuta. Le ministre espagnol de l’Intérieur a affirmé devant le Congrès des députés que la collaboration de Rabat avait été déterminante pour permettre le retour vers le territoire marocain, dans les premières 24 heures, de plus de 90 % des personnes entrées irrégulièrement dans la ville autonome.

La précision est importante : Grande-Marlaska s’est exprimé devant le Congrès et non devant l’Audience nationale. Le volet judiciaire progresse parallèlement sous la direction de la juge María Tardón, qui enquête sur les entrées massives des 30 et 31 juillet et sur le rôle éventuellement joué depuis le territoire marocain.

Le ministère maintient sa confiance dans Rabat

Grande-Marlaska a insisté sur une coopération et une coordination avec le Maroc qu’il juge toujours « excellentes ». Il a également rappelé que Rabat continue d’accepter les retours volontaires. Le ministère de l’Intérieur chiffre par ailleurs à 174 les tentatives d’entrée empêchées par les forces marocaines au mois d’août, contre 17 entrées irrégulières effectivement réalisées.

L’argument du gouvernement repose donc largement sur la gestion de l’après-crise : sans coopération marocaine, estime l’Intérieur, le retour rapide de dizaines de milliers de personnes aurait été beaucoup plus difficile. Cette position rejoint celle de Pedro Sánchez, qui répète qu’aucune preuve concluante ne permet actuellement d’affirmer que le Maroc a organisé l’opération.

Le comportement marocain reste sous enquête

Cette coopération ultérieure ne répond cependant pas à la principale interrogation concernant les heures précédant et accompagnant la crise. Un rapport policier transmis à l’Audience nationale indique que des gendarmes marocains auraient guidé des migrants vers Ceuta et décrit une action ayant favorisé les passages depuis le territoire marocain. La direction de la Police a toutefois précisé que ce document n’attribuait pas au Maroc la planification ou l’exécution de l’entrée massive.

La juge Tardón a ouvert une enquête pénale en estimant que des indices suggèrent une action organisée susceptible d’avoir gravement porté atteinte à l’intégrité territoriale espagnole. Mercredi, elle a également accepté que l’État espagnol se constitue partie civile et partie lésée.

Deux lectures coexistent donc encore : Madrid juge la coopération marocaine indispensable pour contrôler la frontière et organiser les retours, tandis que la justice cherche à établir ce qui s’est précisément passé de l’autre côté de la frontière lorsque plus de 70 000 personnes ont franchi la limite de Ceuta. Défendre la coopération actuelle avec Rabat n’écarte donc pas l’enquête sur son éventuelle responsabilité dans l’origine de la crise.

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