Lycées et universités : la France se prépare à une nouvelle journée de grèves et de blocages mardi

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Foto: Préfecture de Bretagne et d'Ille-et-Vilaine

PARIS — La mobilisation des lycéens et étudiants français entre mardi 6 octobre dans son troisième acte avec de nouveaux appels à la grève, aux blocages et aux manifestations dans tout le pays. La journée intervient après un lundi marqué par la suspension totale ou partielle des cours dans 400 à 500 lycées selon les bilans diffusés au fil de la journée, alors que le mouvement cherche désormais à élargir sa mobilisation.

Les organisations lycéennes et étudiantes appellent à multiplier les rassemblements, manifestations et blocages d’établissements. À Paris, une manifestation doit partir à 14 heures de la place de la République. Des mobilisations sont également annoncées à Lyon, Toulouse, Lille, Rennes, Nantes, Montpellier, Bordeaux et dans plusieurs autres villes universitaires.

Une mobilisation entrée dans sa troisième semaine

La contestation a débuté en septembre autour des conditions d’étude et du manque de moyens dans l’enseignement public. Les revendications portent notamment sur les postes d’enseignants et de personnels éducatifs, l’état des bâtiments, certaines réformes et les moyens accordés aux lycées et aux universités. Le mouvement intègre désormais plus largement la question du budget consacré à l’éducation.

Le ministère de l’Éducation nationale a recensé lundi 413 établissements touchés par des blocages ou des perturbations. Ce chiffre confirme l’extension territoriale du mouvement, même si tous les lycées concernés n’ont pas été totalement fermés. Les organisations à l’origine de la mobilisation avancent des bilans supérieurs et espèrent renforcer la participation mardi.

La tension est également montée après le grave accident survenu à Lens. Un lycéen de 15 ans a été grièvement blessé après avoir ramassé une grenade utilisée par les forces de l’ordre pendant une mobilisation. L’adolescent a perdu une main et une partie de l’avant-bras. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a qualifié l’événement d’« humainement dramatique » tout en défendant le droit des jeunes à manifester et en insistant sur leur sécurité.

Une nouvelle journée test pour le gouvernement

Les autorités s’attendent mardi à de nouveaux blocages dès le début de la matinée puis à des rassemblements et manifestations au cours de la journée. L’ampleur réelle du mouvement dépendra de la capacité des organisations lycéennes et étudiantes à étendre la contestation au-delà des établissements déjà mobilisés lors des deux premières journées nationales.

Cette troisième séquence constitue aussi une nouvelle source de pression pour le gouvernement français, qui doit répondre aux revendications sur l’éducation dans un contexte budgétaire particulièrement contraint. L’exécutif devra gérer à la fois les blocages, la sécurité des manifestations et une mobilisation qui, après trois semaines, cherche désormais à s’installer dans la durée.

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