BARCELONE — L’Espagne a rétabli les contrôles aux frontières pour les voyageurs en provenance d’Italie, en réponse aux vérifications imposées par Rome après la crise migratoire de Ceuta. La mesure est entrée en vigueur samedi à minuit et doit rester appliquée jusqu’au 7 septembre dans les aéroports et ports assurant des liaisons directes avec l’Italie.
Des contrôles aléatoires visant les ressortissants de pays tiers
Le ministère de l’Intérieur a déjà mobilisé environ cent agents de la Police nationale. Les vérifications sont effectuées de manière aléatoire et concernent principalement les ressortissants de pays tiers, dont le passeport, la nationalité et, le cas échéant, le visa sont contrôlés. Au cours de la première journée, 199 voyageurs venus à bord de douze vols en provenance d’Italie ont été inspectés.
Les équipes peuvent contrôler l’ensemble des passagers d’un vol sélectionné ou seulement certaines personnes. Elles s’appuient sur les données du registre des noms de passagers, transmises à l’avance par les compagnies aériennes. Les citoyens espagnols, italiens et des autres pays de l’Union européenne conservent leur droit à la libre circulation, mais peuvent devoir justifier leur identité.
Un bras de fer politique né de la crise de Ceuta
Madrid présente cette décision comme une réponse proportionnée aux contrôles introduits par le gouvernement de Giorgia Meloni pour les voyageurs arrivant d’Espagne. Rome affirme qu’elle maintiendra ses mesures au moins jusqu’au 15 août, en invoquant des risques pour la sécurité et de possibles mouvements migratoires secondaires. L’exécutif espagnol juge au contraire l’initiative italienne injuste, discriminatoire et contraire aux intérêts de l’Union européenne.
La Commission européenne rappelle que le code frontières Schengen autorise le rétablissement des contrôles intérieurs face à une menace grave, à condition qu’ils restent exceptionnels, nécessaires et temporaires. Ces mesures croisées entre deux partenaires qui ne partagent aucune frontière terrestre accentuent la tension politique et révèlent la fragilité de la libre circulation lorsqu’une crise migratoire devient un moyen de pression entre gouvernements.

