BARCELONE — L’IBEX 35 et le CAC 40 abordent ce lundi 19 octobre dans un climat dominé par le repli du pétrole, les tensions politiques françaises et les interrogations sur la rentabilité des investissements massifs dans l’intelligence artificielle. Vendredi, Madrid a terminé à 19 326,30 points, en hausse de 0,77 %, tandis que Paris gagnait 0,28 %, à 7 956,70 points. Après une semaine difficile pour les valeurs technologiques américaines, les contrats à terme de Wall Street laissaient entrevoir un rebond pendant les échanges asiatiques.
En Asie, la tendance reste contrastée, entre baisse des indices japonais et progression de plusieurs autres places. Le Brent évolue autour de 108 dollars le baril, en recul de près de 2 % après l’assouplissement temporaire par Washington des sanctions visant le pétrole russe. Cette détente n’efface toutefois pas les risques pesant sur l’approvisionnement, dans un contexte d’attaques contre des navires et de tensions persistantes dans le détroit d’Ormuz.
À Madrid, Repsol et les banques sous surveillance
Sur l’IBEX 35, Repsol pourrait réagir au repli du brut, qui réduit les perspectives de revenus des activités pétrolières. IAG bénéficie potentiellement d’une baisse du coût du carburant, mais les perturbations logistiques et les risques géopolitiques compliquent les perspectives. Santander et BBVA restent exposées à l’évolution des taux d’intérêt et du sentiment des investisseurs.
L’indice madrilène conserve l’avantage de sa progression de vendredi. La zone des 19 300 points constitue désormais un repère immédiat pour apprécier la solidité de cette dynamique.
À Paris, le risque français s’ajoute au pétrole
TotalEnergies sera sensible à l’évolution du Brent. BNP Paribas et Société Générale pourraient également réagir aux tensions sur les obligations françaises, alimentées par les troubles du week-end. L’euro perdait environ 0,1 % face au dollar, à 1,1230 dollar. Pour Airbus et Safran, le coût de l’énergie, la sécurité des approvisionnements et les échanges internationaux restent des facteurs à suivre.
Le CAC 40 aborde la séance sous le seuil symbolique des 8 000 points. Son éventuel rapprochement de ce niveau dépendra notamment de la résistance des banques et des grandes valeurs industrielles.
La géopolitique avant les statistiques
L’agenda économique de lundi comporte peu de rendez-vous susceptibles, à eux seuls, d’imprimer une direction aux marchés. En Chine, la croissance du troisième trimestre a atteint 4,5 %, dépassant les attentes. Les prochains jours seront davantage rythmés par les publications de résultats aux États-Unis et les premiers indices PMI d’octobre attendus vendredi, avant les prochaines décisions des banques centrales.
Le scénario central reste celui d’une séance hésitante, avec des écarts possibles entre secteurs. Une nouvelle détente du pétrole et un rebond de l’appétit pour le risque soutiendraient les transporteurs et certaines industries. À l’inverse, une aggravation des tensions dans le détroit d’Ormuz ou sur la dette française pourrait peser sur les banques et les valeurs cycliques. Le Brent, l’euro et les écarts de rendement des obligations françaises permettront de mesurer la résistance des deux indices.

