BARCELONE — L’IBEX 35 et le CAC 40 abordent vendredi une séance particulièrement sensible aux taux, au pétrole et aux statistiques économiques après la forte correction de jeudi. Les premières indications européennes suggèrent un début de séance un peu plus ferme, mais toute tentative de rebond sera confrontée à deux rendez-vous : l’inflation de la zone euro à 11 heures et le rapport américain sur l’emploi à 14 h 30.
Madrid repart de 19.005,3 points après une chute de 2,17%, sa quatrième baisse consécutive. Les banques ont concentré les ventes jeudi, CaixaBank, Santander et BBVA abandonnant plus de 4%. Elles resteront centrales vendredi : une nouvelle hausse des rendements obligataires pourrait entretenir la volatilité. BBVA dispose également d’un catalyseur spécifique après l’approbation d’un acompte sur dividende record de 0,37 euro par action, en hausse de 16%.
Repsol restera directement sensible au pétrole. Le Brent évoluait vendredi matin autour de 101,6 dollars, en léger retrait mais toujours au-dessus de 100 dollars. Ces prix soutiennent les groupes pétroliers tout en augmentant les coûts de l’industrie, du transport et des compagnies aériennes et en alimentant le risque inflationniste.
Le CAC 40 sous la surveillance du marché obligataire français
Paris reste davantage exposé à la tension sur la dette souveraine. Le CAC 40 a terminé jeudi à 7.835,31 points, en baisse de 1,62%. Le rendement français à dix ans a approché 5% et l’écart avec le Bund allemand a atteint des niveaux inconnus depuis 2012, sur fond d’inquiétudes concernant la trajectoire budgétaire française.
BNP Paribas et Société Générale seront sensibles à tout nouveau mouvement brutal des taux. TotalEnergies peut profiter d’un Brent élevé, tandis qu’Airbus, Safran et les autres grands industriels doivent composer avec un euro affaibli et une énergie plus coûteuse.
Deux horaires déterminants : 11 h et 14 h 30
La première référence majeure sera publiée à 11 heures avec l’estimation de l’inflation de septembre dans la zone euro. Les premières données nationales ont déjà montré une accélération des prix liée à l’énergie. Une surprise supérieure aux attentes renforcerait la pression sur les anticipations de taux de la BCE.
À 14 h 30 viendra le principal risque mondial de la séance : le rapport sur l’emploi américain de septembre. Une création d’emplois nettement supérieure aux attentes pourrait relancer la hausse des rendements et les anticipations de resserrement de la Réserve fédérale ; un chiffre plus modéré offrirait davantage de détente au marché obligataire.
Wall Street a finalement terminé jeudi légèrement dans le vert après une séance très volatile, alors que les marchés asiatiques reculent vendredi. L’euro évolue autour de 1,124 dollar, proche d’un plus bas de 17 mois. Le scénario central pour Madrid et Paris reste donc celui d’une tentative de stabilisation, mais inflation, emploi et dette peuvent rapidement remettre la volatilité au premier plan.

