40 millions d’euros pour accélérer le pôle nautique de Canet

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CANET-EN-ROUSSILLON — L’extension du pôle nautique de Canet-en-Roussillon n’est plus seulement un projet d’aménagement : elle devient une question de calendrier industriel. L’État français s’est déclaré favorable à l’intégration de l’extension dite SPL 2 dans le dispositif d’accélération des projets industriels « Notre-Dame », alors que Catana conditionne un investissement de 40 millions d’euros à la mise à disposition de nouveaux espaces de production.

Ce montant figure dans un courrier du ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, daté du 2 septembre et adressé au préfet. Le document rappelle que le pôle rassemble 40 entreprises et quelque 900 emplois, qu’il est labellisé « territoire d’industrie » et constitue l’un des pôles emblématiques de la filière nautique en Occitanie.

Une extension prévue depuis des années

Le projet d’extension n’est pas né de l’incendie récent qui a touché Catana. Comme l’explique à OLA NEXT Laurent Gauze, président de la CCI des Pyrénées-Orientales, la zone nautique, initiée en 2005, a été conçue dès son développement avec plusieurs extensions, dont SPL 2 et SPL 3. Leur réalisation s’est cependant heurtée à l’enchevêtrement des procédures d’urbanisme, de compensation environnementale et de prise en compte du risque inondation, ainsi qu’à l’évolution des exigences des services instructeurs.

Ces contraintes ont imposé de multiples recalages et repoussé progressivement la date de mise en service, alors que Catana faisait déjà état depuis longtemps de son besoin de surfaces supplémentaires pour accompagner sa croissance et répondre à la demande de ses clients.

L’incendie transforme le retard en risque industriel

L’incendie ayant détruit deux bâtiments de production a renforcé cette urgence, mais il n’en est donc pas la cause initiale. Le ministre souligne lui-même que l’extension doit permettre à Catana, entreprise française spécialisée dans les catamarans de plaisance haut de gamme, de répondre à une demande mondiale en forte croissance.

L’enjeu dépasse désormais l’extension d’une zone d’activité. Le calendrier administratif conditionne directement un investissement industriel de 40 millions d’euros consacré à la construction de catamarans, à l’élargissement de la gamme et au développement de l’un des fleurons du site.

Accélérer sans supprimer les procédures

L’intégration au dispositif « Notre-Dame » ne signifie pas que les obligations environnementales ou d’urbanisme disparaissent. Son intérêt est d’accélérer et de coordonner l’instruction d’un projet considéré comme stratégique. Pour Laurent Gauze, la mobilisation du préfet et l’intervention de l’État doivent permettre « d’accélérer le processus et surtout de fiabiliser les délais d’aménagement ».

Cette prévisibilité est déterminante lorsqu’une entreprise doit engager plusieurs dizaines de millions d’euros et planifier ses capacités industrielles, ses emplois et sa production. À Canet, SPL 2 devient ainsi un cas concret de la confrontation entre temps administratif et temps industriel : derrière le calendrier de l’aménagement se jouent désormais 40 millions d’euros d’investissement, le développement de Catana et la consolidation d’un écosystème nautique de quelque 900 emplois.

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